Bovins : Les mouvements mondiaux fortement impactés

[Bovins : conjoncture sem 43-2021] La demande chinoise post covid a engendré une forte inflation du prix des matières premières et de la viande. L’Argentine a stoppé ces exportations afin de pouvoir nourrir sa population. Le prix des bouvillons au départ du brésil a été multiplié par deux.

Dans un contexte économique compliqué, les industriels de la viande ont de plus en plus de mal à anticiper les effets de la décapitalisation entamée depuis 5 ans sous les coups de boutoir de sécheresses à répétition et de prix bas. En dix ans, la France a perdu 6% des vaches Prim‘Holstein et Montbéliardes, 15% de Charolaises et 27% de Normandes. Cette hécatombe se poursuit, malgré une meilleure visibilité sur les prix. Les acteurs de l’aval ont longtemps vécu sur une offre excédentaire, mais la covid 19 a bouleversé le monde de la viande comme beaucoup d’autres secteurs. La reprise économique dominée par une demande chinoise gargantuesque a provoqué une flambée des prix sur de nombreux produits jusqu’à la rupture d’approvisionnement pour certains.

Dans le domaine de la viande bovine, les mouvements mondiaux ont également été fortement impactés. La demande chinoise a engendré une forte inflation du prix de la viande en Argentine, poussant ce pays à stopper ces exportations afin de pouvoir nourrir sa propre population. Le prix des bouvillons au départ du brésil a été multiplié par deux, incitant ceux qui font du négoce mondial à chercher d’autres sources, même le gros des échanges part du Mercosur. En Europe, le recul de l’offre est significatif, avec des industriels très préoccupés par la charge de travail de leur unité de production, qu’ils doivent maintenir à un niveau élevé pour écraser la hausse des charges fixes. La production de viande bovine a un cycle long. Depuis deux ans, le marché italien a renforcé sa consommation de viande à partir de femelles, la conséquence immédiate est heureuse pour les éleveurs avec des tarifs élevés dans les laitonnes, mais à échéance se seront des milliers de génisses de viande qui ne seront plus disponibles et de vaches par la suite. Les gros opérateurs du marché de la viande sont inquiets, et commencent à anticiper la mise en place contractualisée de jeunes bovins, mais il est bien difficile de convaincre un éleveur qui a stoppé cette production pour la vente de céréales.

La France reste un pays amateur de bonne viande, notamment pour les moments festifs, mais le gros des achats des ménages reste les viandes hachées ou transformées (boulettes…). La population de confession musulmane est une clientèle choyée par les transformateurs avec les viandes halal de qualité. Tous les débouchés sont bons à prendre dans une consommation décroissante, sous la pression d’une éducation de plus en plus flexible. Les goûts alimentaires des jeunes générations seront inévitablement impactés par les orientations de plus en plus végétales faites par des institutions soumissent à des lobbys très habiles. La campagne sur les viandes racées cible plus les ménagères pour un effet immédiat.      

Dans ce contexte de décheptellisation, les industriels cherchent à garder la maîtrise du prix de la viande pour ne pas se retrouver avec une envolée des cours comme en 2012/2013. Le renforcement des livraisons directes abattoirs limite sérieusement le pouvoir de négociation avec des rapports de force inégaux. Cette concurrence est maintenant plus à mettre entre les différents abatteurs qui cherchent à couvrir leurs besoins en ces temps de disette.    

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