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Jeudi 24/09/2026

Le ministère de l’Agriculture desserre l’étau sur certains produits phytos

Publié par Pleinchamp

L’herbicide Prowl 400 fait son retour sur les protéagineux d’hiver tandis que le Minecto Gold bénéficie d’une dérogation de 120 jours pour lutter contre l’altise adulte du colza. En attendant l’acétamipride sur noisette et le flupyradifurone sur betterave ?

« Stratégique » : c’est ainsi que qualifie Terres Inovia la réintroduction du Prowl 400 pour assurer le désherbage des protéagineux d’hiver, plus précisément pois, féveroles et lupins jusqu’au stade BBCH18 (8 feuilles) ainsi que sur pois chiche d’hiver jusqu’au stade BBCH07 (prélevée). L’herbicide s’était vu retirer son usage sur graines protéagineuses d’hiver en avril 2025 mais pas sur protéagineux de printemps et pois chiche de printemps, à la dose de 3l/ha en l’espèce. Le 2 septembre dernier, l’Anses a de nouveau autorisé l’herbicide sur protéagineux d’hiver et pois chiche d’hiver, à la dose de 2,5l/ha, assortie d’une ZNT de 50 mètres dont un DVP de 20 mètres. « Cette autorisation de mise sur le marché est le fruit d’efforts déployés par la société BASF et par notre filière, Terres Inovia, Terres Univia et la Fédération des producteurs d’oléagineux et de protéagineux », commente l’institut technique

Le colza pas très robuste

Le ministère de l’Agriculture a par ailleurs accordé, à compter du 18 septembre, une dérogation de 120 jours au Minecto Gold pour lutter contre les altises adultes du colza. L’oléagineux est en mauvaise posture sous l’effet du manque de précipitations, qui ont désorganisé les semis et hypothéqué ici et là les conditions de faire émerger un colza dit « robuste », de nature à prendre de vitesse les ravageurs. Las, les punaises et les altises adultes notamment se sont invitées. Contre les premières, il n’y a malheureusement pas de solution phyto, ni en usage, ni en vue. En revanche, le Minecto Gold est une réponse contre les altises adultes, d’où la dérogation de 120 jours prise dans le cadre de l'article 53 du règlement (CE) n°1107/2009 et que Terres Inovia recommande d’user avec discernement, en privilégiant les secteurs à fort niveau de résistance aux pyréthrinoïdes.

L’acétamipride et le flupyradifurone dans les tuyaux ?

Dans les prochains mois, sur le front phytosanitaire, le gouvernement sera scruté de près par les producteurs de betteraves sucrières et de noisettes, les premiers espérant disposer de semences enrobées au flupyradifurone pour se protéger préventivement des pucerons vecteurs de la jaunisse, les seconds misant sur l’acétamipride pour sortir de l’impasse pour lutter contre le balanin et la punaise diabolique. En vertu de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles promulguée le 18 août dernier, ces deux molécules sont en effet susceptibles d’être mises à disposition des producteurs en pulvérisation foliaire s’agissant des noisettes (et des cerises et des pommes) et donc en traitement de semences s’agissant de la betterave sucrière, un usage qui n’a jamais fait l’objet d’une autorisation en France. Une fois saisie par le ministère de l’Agriculture, l’Anses aura deux mois pour statuer, délai au-delà duquel la demande de dérogation sera caduque.

Du côté des alternatives, dans le cadre de l’appel à projets « Prise de Risque Amont Aval et Massification de pratiques visant à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques sur les exploitations agricoles », le ministère de l’Agriculture a annoncé le 23 septembre l’attribution de plus de 11,7 millions d’euros au projet BOLIIDE (Booster la Lutte Intégrée par l’Innovation, la Diversification et l’Economie durable) déposé par la filière noisette.