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Vendredi 13/03/2026

Conjoncture bovine : manger moins de viande !

Publié par Acti Ouest

Alors que sur le Salon de l’Agriculture, il fallait soutenir les éleveurs, le gouvernement préconise une limitation de la consommation de viande.

Conjoncture – Alors que la situation dans le commerce de la viande est très tendue, le gouvernement vient de publier ses recommandations en préconisant une « limitation » de la consommation de viande et de charcuterie. Cette stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), donne le ton sur une vision pour une alimentation moins émettrice de gaz à effet de serre. Y a-t-il besoin de jeter de l’huile sur le feu, quand les abatteurs constatent depuis le début de l’année une forte érosion des ventes de viande piècée dans les magasins ? Ces annonces sont politiques et complètement déconnectées du terrain. Le débat sémantique sur les termes employés entre « réduction » et « limitation » en est le parfait exemple.

Dans le débat qui oppose les pros végétaux et le monde de la viande carnée, l’Union européenne est parvenue à un compromis qui interdit l’usage du terme « steak » pour des alternatives végétales (décision qui doit être soumise à un vote officiel). C’est une victoire pour les éleveurs, qui ne supportaient plus que ce terme soit usurpé par des produits à base de protéines végétales. Cette décision stipule également l’interdiction d’utiliser le terme viande pour tout produit de laboratoire ou tout produit cellulaire.

Le recul du pouvoir d’achat des consommateurs les plus fragiles est de plus en plus visible. Les personnes qui vont s’approvisionner aux Restos du Cœur ou autres associations de soutien sont de plus en plus nombreuses, avec des profils qui se déplacent vers les jeunes et le monde du travail. De nombreuses personnes avec un emploi n’arrivent plus à boucler leur fin de mois. Leur mode de consommation se restreint au strict nécessaire et la viande est souvent limitée ou absente de leur alimentation. La classe moyenne souffre également, mais elle a un peu plus de liberté dans le choix de conduire leur budget, avec des orientations plutôt flexitarismes. La viande rouge n’est plus une priorité, et surtout la façon de la consommer est de plus en plus orientée vers la viande hachée ou élaborée. Les achats de viande piècée sont le plus souvent réservés pour les week-ends ou les repas festifs.

La flambée des prix de la viande et la répercussion progressive sur les étals ont engendré un net recul des commandes auprès des abattoirs. La restauration a été le premier secteur touché, avec des parts de marché qui se sont réorientées vers le porc et la volaille dont les prix sont plus abordables. La boucherie traditionnelle souffre d’une forte réduction de ses marges, avec des tarifs qui sont de plus en plus difficiles à répercuter sur les étiquettes au risque de perdre la clientèle. Dans les GMS, les rayons traditionnels sont moins garnis, au profit de produits qui laissent plus de marge. En 2025, le recul des ventes en GMS a été de 4,5% en volume et même 6% sur le mois de décembre.

En revanche, face à la tendance morose dans les pièces nobles, la demande en haché et en minerai pour la transformation reste solide. Les hausses passées ont certes réduit les commandes en volumes, mais ces produits restent le moteur principal de la consommation de viande rouge.

Les Français aiment la viande rouge, mais ce produit noble porte trop souvent un fardeau qui n’est pas le sien. Même si elle émet des gaz à effet de serre, la production bovine française ne peut sauver la planète à elle seule. L’activité humaine comme le numérique génère 4% des gaz à effet de serre. Si internet et les data centers étaient un pays, ils seraient le troisième plus gros consommateur d’énergie après la Chine et les États-Unis. Cependant, il est plus facile de cibler les vaches que nos propres comportements.

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