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Lundi 09/03/2026
« Steak végétal » : les instances européennes tranchent en faveur des éleveurs
Lors d’un trilogue consacré à la réforme de l’OCM, les négociateurs de la Commission, du Parlement et du Conseil de l’UE se sont accordés pour réserver les dénominations « steak », « foie », « cuisse » ou encore « pilon » aux produits exclusivement carnés, mais pas « burger », « saucisse » ou « nuggets ».
Lors d’un trilogue réuni le 5 mars et consacré à la révision de l’Organisation commune de marché (OCM), visant notamment à renforcer la position des agriculteurs dans la chaine d’approvisionnement, les négociateurs sont parvenus à un accord sur le champ d’application des dénominations historiquement attachées aux produits carnés. L’emblématique « steak » restera ainsi l’apanage de la viande.
« C’est une victoire sans précédent pour la filière Elevage et Viande qui voit ce terme usurpé par les produits à base de protéines végétales depuis trop longtemps déjà, réagi dans un communiqué François Guihard, président d’Interbev. Cette décision marque la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel face à des substituts ultra-transformés qui reprennent les codes et dénominations de la viande à des fins essentiellement marketing C’est avant tout une question de transparence et de loyauté envers les consommateurs, qui doivent pouvoir identifier clairement la nature des produits qu’ils achètent. Cet accord représente également une reconnaissance du travail des professionnels de la filière et de la valeur de nos produits, issus d’animaux élevés selon des pratiques exigeantes en matière de traçabilité, de respect de l’environnement et de bien-être animal ».
Outre le « steak », les dénominations « bacon », « foie », « cuisse » ou encore « pilon » seront également réservés aux produits exclusivement carnés. En revanche, les termes « burger », « saucisse » « jambon » ou « nuggets » pourront être apposés sur des produits à base de protéines végétales, sous que réserve que le Parlement européen et le Conseil de l’UE l’entérinent par un ultime vote. Le dossier était notamment porté par l’eurodéputée et agricultrice française Céline Imart (groupe PPE), rapporteure du texte. « L’accord reconnait la valeur du travail des éleveurs et protège leurs produits, fruits d’un savoir-faire unique, contre une forme de concurrence déloyale » a-t-elle commenté. « Nous continuerons à nous battre pour pouvoir proposer des produits végétaux aux consommateurs, et à leur permettre d’avoir des repères », a réagi Guillaume Dubois, co-fondateur d’HappyVore, leader en France des « alternatives gourmandes et variées » à la viande. « Notre combat continue, en faveur de l’innovation, et de la transition alimentaire qui est nécessaire pour réduire notre impact environnemental, cela n’est plus à prouver ».
Le Parlement européen et le Conseil de l’UE doivent encore entériner l’accord trouvé en trilogue par un ultime vote. L’interprofession du bétail et des viandes affirme de son côté rester attentive à la poursuite des travaux européens dans le cadre de l’OCM visant à renforcer la protection d’autres dénominations traditionnellement associées aux produits carnés, telles que la dénomination « escalope ».