Crise porcine : la filière en appelle à l’Etat

Inaporc réclame une aide d’urgence pour compenser les surcoûts de production et les distorsions de concurrence intra-européenne, l’Allemagne, notamment, ayant déjà apporté son soutien à ses producteurs.

Un coût de production de 1,69 €/kg pour un prix payé de 1,40 €/kg : tel est le traitement réservé aux producteurs de porc français en ce mois de janvier 2022, selon l’interprofession du porc. L’écart est causé tant pas la baisse des prix européen du porc, qu’Inaporc estime à -10% sur les 12 mois passés, que par l’augmentation du prix de l’aliment. Selon les dernières données d’Agreste, relatives au mois de novembre 2021, le prix de l’aliment porcin s’est renchéri de 16,1% sur un an. Résultat ? « La profession craint ainsi l’arrêt de centaines d’élevages dans les deux ans à venir, avec un impact direct sur l’approvisionnement de la filière et une perte significative et durable du potentiel de production au moment de la reprise », s’inquiète Inaporc dans un communiqué.

Des prix payés en baisse, des coûts de production en hausse et au final, une perte de 29 centimes par kilo (Source : Inaporc)

Double peine

La filière française est par ailleurs sous le coup d’une distorsion de concurrence au sein de l’Union européenne, certains de nos voisins ayant mis en œuvre des mesures de soutien, selon Inaporc. « Les autres pays de l’Union européenne mobilisent d’ores et déjà des enveloppes conséquentes dans le cadre du dispositif temporaire d’aides d’État Covid, ce qui fausse la concurrence à l’exportation, mais également sur le marché français où les importations ont progressé de +10 % en 2021, souligne l’interprofession. L’Allemagne a ainsi déjà versé 300 millions d’euros à ses éleveurs ».

La filière évalue à 440 millions d’euros sur un an le montant des pertes subies par les 10000 éleveurs français. Elle réclame à l’Etat une aide d’urgence, le Prêt garanti par l’État (PGE) n’étant pas à la hauteur des difficultés et des enjeux.