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Mercredi 10/06/2026

Dans le Sud-Ouest, une fenêtre pour implanter du tournesol en dérobé

Publié par Pleinchamp

La précocité des récoltes de pois, d’orge et de blé offre l’opportunité, technique et économique, d’implanter du tournesol en dérobé, à condition de semer tôt, d'irriguer correctement et de choisir une variété très précoce, préconise Terres Inovia.

Choisir des variétés du groupe « très précoce », préparer le sol sitôt la récolte du précédent, semer, dans l’idéal, dans les 48 heures après moisson, irriguer (15 à 20mm) pour favoriser une levée rapide et homogène s’il ne pleut pas significativement dans les 3 jours suivant le semis : telles sont les conditions à remplir pour se donner toutes les chances de réussir l’implantation d’un tournesol sitôt le pois, ou encore l’orge d’hiver le blé tendre. C’est ce que préconise Terres Inovia, qui considère que le contexte climatique de ce printemps offre une opportunité « technique et économique ».

© Terres Inovia
© Terres Inovia

Le contexte climatique, c’est notamment cette vague de chaleur qui s’est abattue sur la France entre le 21 et le 30 mai, d’une « précocité et d’une intensité inédites » selon Météo-France, et qui a fait voler en éclats de nombreux records de température, assortie du déclenchement de la vigilance canicule, une première pour un mois de mai.

"La rentabilité du dérobé ne peut être atteinte que si le résultat technique est à la hauteur"

L’institut technique a estimé la marge brute potentiellement dégagée par un tournesol dérobé implanté à la suite d’une orge en 2026, en simulant un itinéraire technique « optimal », visant un rendement de 20 q/ha) avec comme principaux postes : 75.000 graines semées par ha (112€/ha), un désherbage « complet » (91€/ha), une protection contre les larves de taupin (44€/ha), et 140mm d’eau (à 0.25€/m3 dont 60% de charges fixes et 40% de charges variables). Sur ce dernier poste, 2 scénarios sont explorés : l’un prend en compte les charges fixes et variables d’irrigation au tournesol dérobé, l’autre uniquement les charges variables (0.10€/m3), considérant que les charges fixes sont déjà comptabilisées sur la surface irriguée des cultures principales de l’exploitation. Enfin, les éventuels frais de séchage ne sont pas intégrés au calcul. « La rentabilité du dérobé ne peut être atteinte que si le résultat technique est à la hauteur », met en garde Terres Inovia.

600€/t via le débouché aviation durable

En ce qui concerne la valorisation, l’institut technique juge que « le cours actuel des graines de tournesol est favorable ». Et de citer les 600€/ha garantis aux graines produites en dérobé pour un débouché particulier, à savoir le carburant d’aviation durable (Sustainable Aviation Fuel), développé par Saipol et proposé par des certains OS.

Pour les engranger, il faudra viser une récolte avant mi-octobre, préconise Teres Inovia, pour prévenir les risques de dégradation de la qualité ou de maladies du capitule. Quitte à recourir au séchage, moyennant 40 à 50 euros par tonne pour une humidité de 16%, la récolte étant possible dès que l’humidité des graines est inférieure à 18%.