DNC : deux mois après le 1er foyer, l’éradication en vue, la descente des alpages en question

Le nombre de foyers se stabilise tandis que le taux de vaccination dépasse les 90% dans la zone réglementée, laquelle ne sera pas levée, loin s’en faut, avant la descente des alpages. Un écueil que les autorités entendent appréhender « dans les prochains jours ».

Une zone de foyers circonscrite, un intervalle de 10 jours entre le dernier et l’avant-dernier foyer, un taux de vaccination dépassant les 90% dans la zone réglementée : tels sont les points « encourageants » relevés par le ministère de l’Agriculture à l’issue de la réunion, jeudi, du Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV), le « Parlement du sanitaire ». « Tous ces éléments positifs témoignent de l’efficacité des mesures qui ont été mises en œuvre et le sérieux avec lequel elles ont été mises en œuvre », a commenté ministère, évoquant une « décroissance » de la maladie.

« Ne pas diffuser » le virus, « tarir » la source, « protéger » la zone réglementée

Les mesures en question reposent sur trois piliers que sont la biosécurité, avec en tête les restrictions de mouvement au sein de la zone réglementée et destinées à « ne pas diffuser la maladie », l’abattage total des unités épidémiologiques (un groupe d’animaux élevés de la même façon au même endroit), de façon à « tarir la source du virus » et enfin la vaccination obligatoire de tous les bovins présents dans la zone réglementée « pour protéger les animaux ». Les membres du CNOPSAV se sont prononcés à l’unanimité pour lancer la campagne de vaccination en Corse, où l’apparition du virus est redoutée du fait de la proximité (relative) avec la Sardaigne, affectée par la même souche que la France, une concomitance que n’expliquent pas, à ce stade, les autorités sanitaires.

Quant à la fin de la vaccination dans l’Hexagone, le ministère a indiqué que le sujet était encore « devant nous », précisant que la décision était indépendante de la levée de la zone réglementée mais qu’elle enclenchait le compte-à-rebours de 14 mois pour que la France recouvre son statut de pays indemne de DNC.

"Le chemin vers l’éradication de la maladie est le bon, l’éradication rapide est possible"

En date du 28 août, le ministère de l’Agriculture mentionne un taux de vaccination « de plus de 90% », l’effectif ciblé ayant été révisé à 263.000 animaux (contre 310.000 lors des premières estimations), incluant les 15.000 bovins nouvellement concernés par l’extension de 10 km de la zone réglementée, après la détection d’un foyer sur la commune de Culoz (Ain) le 23 août dernier.

Se voulant rassurant, le ministère indique que 10 km séparait cette commune du foyer originel d’Entrelacs (Savoie), remontant au 29 juin dernier, indiquant que « le chemin vers l’éradication de la maladie est le bon et que l’éradication rapide est possible ». Des foyers sont malgré tout susceptibles de se déclarer après vaccination du fait du la durée d’incubation de la DNC (28 jours) et du temps de réponse au vaccin (21 jours), comme ce fut le cas pour le foyer de Culoz. Depuis le 23 août, on recense 77 foyers affectant 45 élevages tandis que 1718 bovins ont été abattus depuis le début de l’épizootie.

L’écueil de la descente des alpages et de la sortie des veaux

En attendant l’éradication, les autorités sanitaires s’attèlent à la problématique de la descente des alpages, a priori non compatible, en l’état actuel, avec les restrictions de mouvement des animaux inhérentes à la zone réglementée. Le devenir des veaux est aussi en suspens, face au manque de place dans les ateliers engraisseurs in situ. Deux problématiques qui mobilisent autorités et professionnels, le ministère évoquant des réponses dans « les jours prochains ».