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Jeudi 23/04/2026

Gramin’Été ou comment faire des graminées fourragères estivales le garde-manger post-2030

Publié par Pleinchamp

Piloté par l’INRAE et Vegepolys Valley, le projet Casdar Gramin’Été entend élaborer les références technico-économiques du sorgho pâturé et/ou ensilé en alternative au maïs ensilé, fragilisé par le changement climatique.

Acquérir des références agronomiques, de qualité de conservation (pour le sorgho monocoupe), de valeurs alimentaires et de valorisation par les ruminants pour les graminées fourragères estivales. Bâtir des recommandations d’itinéraires techniques et de rationnement pour le sorgho monocoupe. Bâtir des recommandations d’utilisation des graminées estivales pâturées (sorgho multicoupe, moha,millet, teff grass). Mesurer l’incidence agronomique, économique et environnementale du remplacement de l’ensilage de maïs par l’ensilage de sorgho monocoupe dans différents systèmes. Et enfin évaluer les impacts (travail, environnement, autonomie, etc.) de l’utilisation des graminées fourragères estivales pâturées dans différents systèmes. Tels sont les objectifs du projet Casdar Gramin’Été, piloté par l’INRAE et Vegepolys Valley, le Pôle de compétitivité mondial du végétal.

Financé à hauteur de 757.000 euros par FranceAgriMer, le projet se déroulera jusqu’en 2029 sur 6 régions et mobilisera 14 partenaires, dont l’INRAE, VetAgro Sup, Arvalis, le Centre d'innovation et de recherche sur la production de viande rouge issue du troupeau laitier (CIIRBEEF), l’Institut de l’élevage, les fermes expérimentales des Bordes et de Thorigné d’Anjou, des Chambres d’agricultures ou encore l’association de conseil en élevage Seenovia.

Sorgho pâturé et ensilé versus maïs ensilé

Par graminées fourragères estivales, le projet entend le sorgho monocoupe en remplacement du maïs ensilage et le sorgho multicoupe, le teff gras, le millet ou encore le moha, valorisés en pâturage pendant l’été. Autant de graminées d’origine tropicale qui, comme le maïs sont des plantes en C4, ce qui leur confère une meilleure efficience d’usage de l’eau et sont ainsi capables de produire davantage de biomasse que les plantes classiquement rencontrées dans les prairies des zones tempérées pour une même quantité disponible. Elles tolèrent également des températures plus élevées avant que leur photosynthèse ne soit inhibée, ce qui les rend mieux adaptées aux environnements chauds et arides.

Mais à la différence du maïs, qui a besoin d’eau tout au long de son cycle, le sorgho est moins exigeant après sa levée et tolère mieux les épisodes de sécheresse. Problème : en France, le sorgho végète entre 50.000 et 100.000 ha, dont un tiers au sorgho fourrager.