- Accueil
- La tension monte sur le marché de la viande
Vendredi 03/04/2026
La tension monte sur le marché de la viande
Le recul des ventes à la consommation et la crise qui s’amplifie avec la hausse du pétrole entraînent une nouvelle vision du marché.
Conjoncture – Face à un commerce compliqué dans le secteur aval et face à des prix qui ont impacté la consommation, les industriels de la viande font monter la pression pour enrayer la spirale haussière des prix. Ils anticipent même quelques baisses avec un calendrier de fériés qui va impacter leurs niveaux d’abattages.
Avec la guerre en Iran, les flux commerciaux ont été bouleversés, notamment sur le jeune bovin qui est le produit le plus échangé à l’international. Le recentrage de ces produits sur le marché UE a changé la donne et orienté les prix à la baisse (-0,40€ à -0,50€/ en quelques semaines). La concurrence de l’Espagne et de la Pologne est féroce, car ils ont des stocks à écouler. Le marché français réagit avec plus de modération, mais la tension est très perceptible sur le terrain. Les ventes de Pâques vers l’Italie n’ont pas été au niveau espéré face à la concurrence espagnole et polonaise. Des stocks dans les campagnes se sont rapidement reconstitués, et alors que depuis des mois les engraisseurs ne montraient pas d’empressement à vendre, préférant faire prendre des kilos bien valorisés, les offres commerciales ont rapidement fait leur retour.
Cet encombrement arrive à une période où la demande en JB est plus faible. Il n’y a pas pour autant péril en la demeure, car les tarifs restent historiquement très élevés, malgré la perte de quelques centimes. La problématique vient en revanche des coûts de production qui n’ont cessé de croître notamment du côté des broutards. Les jeunes bovins qui sortent actuellement ne sont pas ceux qui ont subi les prix du maigre les plus élevés (mise en place pendant la période DNC). Depuis, le prix du maigre a repris autour de 0,40 à 0,50€/kg vif. Si la baisse des prix des jeunes bovins s’accentue, la rentabilité des ateliers sera remise en cause, avec un risque majeur de casser la dynamique de renationalisation de cette production.
Une tension se dessine également sur le marché des femelles, dont les tarifs restent sur des sommets. Le prix sur les étals fait chuter la consommation. Les pièces nobles sont les plus touchées, ce qui remet en lumière les accords avec le Mercosur avec des aloyaux qui vont arriver via les grands ports des Pays-Bas, pour rayonner sur les pays moins protecteurs que la France.
La période herbagère est pourtant favorable et limite les sorties, mais les volumes se montrent suffisants pour la demande.
Avec un prix moyen de vente au détail en GMS à 17,47€ et une amplitude allant de 13,96 à 19,96€ pour du steak haché 15% (source RNM semaine 13), le prix de la viande hachée reste le nerf de la guerre aussi bien pour les GMS que pour les industriels. C’est surtout avec cette gamme de marchandise qui représente plus de 60% de la consommation de viande en France que les industriels cherchent à équilibrer leur activité au regard de la très forte progression des prix de réformes laitières. Or depuis deux semaines, le RMN relève un tassement assez significatif des prix (-0,40€/kg). Cette tendance demande confirmation, mais elle est symptomatique de la tension du marché.