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Vendredi 03/04/2026
« La décapitalisation n’est pas une fatalité » : Terrena lance un plan pour installer 50 éleveurs de vaches allaitantes par an
Face au déclin de la production française de viande bovine et au départ à la retraite de plus de la moitié des éleveurs dans les dix prochaines années, la coopérative Terrena déploie un nouveau dispositif destiné à accompagner l'installation et le développement des cheptels allaitants dans le Grand Ouest.
En 2025, bien que les prix aient été favorables aux éleveurs, la décapitalisation du cheptel bovin français s'est poursuivie. Avec 3,4 millions de têtes, le cheptel de vaches allaitantes est en recul de 2,1% en 2025. Il est attendu en baisse de 1,9% cette année, puis de 1,3% en 2027, selon les projections de l’institut de l’élevage.
« On entend beaucoup parler de décapitalisation aujourd’hui, mais ça n’est pas une fatalité, affirme Marc Réveillère, agriculteur à Orée d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, et administrateur de Terrena en charge de la filière ruminants. Chez Terrena, nous sommes convaincus qu’on peut redonner de l’élan à l’élevage dans nos territoires du Grand Ouest. C’est un enjeu de souveraineté alimentaire. Pour cela, il faut redonner de la visibilité économique aux éleveurs, pour qu’ils puissent s’installer, investir et transmettre leurs exploitations dans de bonnes conditions ».
Depuis le début de l’année 2026, Terrena a mis en place un plan ambitieux visant à installer 50 éleveurs par an pendant cinq ans. Huit éleveurs sont déjà accompagnés et plus de vingt dossiers sont en cours d’étude, fait savoir la coopérative dans un communiqué de presse le 2 avril. Le dispositif repose sur deux piliers : une prime directe par animal livré pendant cinq ans, et une avance de trésorerie par animal né et engraissé sur l'exploitation, accordée à taux préférentiel.
Pour un éleveur naisseur disposant d'un troupeau de 70 vaches allaitantes, ce plan peut représenter jusqu'à 10 500 euros d'aides directes et 27 000 euros d'avances de trésorerie à taux bonifié, indique-t-on chez Terrena. Ces mesures visent à sécuriser leurs premières années d'installation, période souvent dense marquée par les investissements, la constitution du troupeau et les charges importantes
Apporter de la visibilité avec la contractualisation
Le dispositif permet aussi aux éleveurs de bénéficier des aides à l’installation de la coopérative ainsi que de la contractualisation avec les filières mises en place par Terrena et ses partenaires, qui permettent d’apporter de la visibilité aux éleveurs sur les débouchés et les prix. C’est notamment le cas via la marque La Nouvelle Agriculture mais aussi des partenariats structurés avec des acteurs-clés de la restauration.
Ce plan d'installation en vaches allaitantes s'inscrit dans une stratégie globale de Terrena pour renforcer les filières bovines. Depuis 2023, la coopérative s'engage également dans le développement des ateliers jeunes bovins pour renforcer les capacités d'engraissement. Elle propose un prix garanti sur sept ans, indexé sur le coût de production, et participe au financement des achats d'animaux.
À ce jour, 3 432 places d'engraissement ont déjà été créées et 17 nouveaux ateliers ont été accompagnés, précise Terrena. L'objectif est d'atteindre 5 000 places par an, avec une ambition de 40 000 places à terme.
Au niveau national, l’objectif de la filière est de produire 50 000 broutards et 20 000 veaux supplémentaires par an pour amener l’engraissement à 20.000 tec de plus en 2030 par rapport à 2024, sans diminuer l’export d’animaux vifs.