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Lundi 30/03/2026

Frelon asiatique : un Plan national pour coordonner et accélérer la lutte

Publié par Pleinchamp

Le plan réserve un budget annuel de 3 millions d’euros majoritairement destiné à financer des dispositifs de piégeage du frelon et de protection des ruchers. L’espèce invasive, présente sur tout le territoire hexagonal, est responsable de 20% de la mortalité des abeilles domestiques.

« Jusqu’à présent les initiatives étaient éparses et différentes selon les territoires. Désormais, on va les coordonner. Mais surtout, on se donne les moyens de lutter efficacement contre cette espèce envahissante qui est à la fois une menace pour la biodiversité, pour la sécurité des Français et évidemment pour l’économie apicole au sens large ». C’est ce qu’a déclaré, dans une interview à la presse régionale, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique à propos du Plan national de lutte contre le frelon asiatique, lancé le 27 mars.

Le plan est la traduction concrète de la loi visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole, promulguée en mars 2025, et son décret d’application publié en décembre dernier.

Depuis son introduction en France en 2004, le frelon asiatique a colonisé l’intégralité du territoire métropolitain, à la faveur d’une forte capacité de reproduction, d’un cycle biologique annuel produisant un grand nombre d’individus, de ressources alimentaires abondantes et de l’absence de prédateurs naturels spécifiques. Du fait de son implantation généralisée, « l’éradication de l’espèce n’est plus envisageable avec les moyens actuels, selon le ministère de la Transition écologique. La stratégie repose désormais sur la mise en place de moyens de lutte efficaces, afin de limiter ses impacts ».

Front de colonisation du frelon asiatique (Source : Museum national d’histoire naturelle)
Front de colonisation du frelon asiatique (Source : Museum national d’histoire naturelle)

Et pas des moindres : les abeilles domestiques représentent 40% de l’alimentation des frelons asiatiques, qui sont responsables d’un taux de mortalité de 20%. Le frelon asiatique est également porteur d’un enjeu de sécurité et de santé publique compte tenu des risques induits par les piqures, notamment chez les personnes sensibles ou allergiques.

Du fait de son implantation désormais généralisée, l’éradication du frelon asiatique n’est plus envisageable avec les moyens actuels, selon le ministère de la Transition écologique. La stratégie repose désormais sur la mise en place de moyens de lutte efficaces, afin de limiter ses impacts.

Le plan prévoit la création et la mise en réseau de référents « frelon asiatique » aux niveaux national et local. Cette organisation repose sur une gouvernance nationale comme locale partagée associant les apiculteurs, les instituts techniques et scientifiques ainsi que les pouvoirs publics. « Cette structuration permet de renforcer la coordination des actions, d’améliorer la circulation et le partage de l’information, et de favoriser une réponse collective plus efficace face à la progression de l’espèce », argumente le ministère.

3 millions d’euros par an

Au plan budgétaire, le plan est doté d’un financement de 3 millions d’euros par an que - collectivités, apiculteurs, chercheurs - pourront solliciter via une plateforme dédiée à compter du mois de mai prochain. « La priorité reste de financer des dispositifs de piégeage et de protection face à l’urgence de la situation » a affirmé le ministre. Jusqu’à présent, l’Etat apportait son obole à hauteur de 500.000 euros par an via le Fonds vert, sachant que les collectivités territoriales coordonnent certaines actions et financent certains dispositifs (achat de pièges, destruction des nids) et que les apiculteurs participent activement à la surveillance et à la protection des ruches.