« Les investissements dans les énergies renouvelables ont explosé »

Les investissements dans les projets de production d’énergie renouvelable ont très fortement augmenté en 2021, selon le Crédit Agricole qui a présenté ses résultats d’activité sur le marché agricole à l’occasion du Space, à Rennes, le 13 septembre.

“On note une forte augmentation des crédits dans des projets de méthanisation notamment, avec une hausse de 78% par rapport à 2020. Et les investissements dans le photovoltaïque ont bondi de 62%", précise Jean-Christophe Roubin, directeur du marché de l’agriculture au Crédit Agricole.

En Bretagne notamment, “on voit une accélération vers les énergies vertes”, abonde Michèle Guibert, secrétaire générale du Crédit Agricole Bretagne. Les caisses bretonnes ont investi 300 millions d'euros dans les énergies renouvelables dans le secteur agricole depuis 10 ans et ont financé 130 unités de méthanisation. Sur les 18 derniers mois, 211 projets photovoltaïque ont vu le jour, une hausse due à l'ouverture des guichets pour les projets jusqu'à 500 Kwc, contre 100 Kwc jusqu'en octobre 2021. 

Une année record

Au niveau national, les résultats d'activité du Crédit Agricole pour l'année 2021 et le début d'année 2022 témoignent d'une reprise post-covid dynamique en termes d'investissement agricole. L'année 2021 figure même parmi les années record avec 8,2 milliards d'euros de prêts accordés, en progression de 7,8% par rapport à 2020. A l’exception des filières volailles, bovins et de la viticulture, toutes les autres sont concernées par cette hausse des demandes de crédit. Les acceptations Agilor dépassent les 4 milliards d'euros, en hausse de 15% par rapport à 2020, et le crédit-bail progresse de 25%. Les encours de prêts (habitat inclus) dépassent les 50 milliards d'euros, soit une hausse de 3% par rapport à 2020. 

L'année 2022 démarre sur la même dynamique : sur le premier semestre, les réalisations de prêt sont en hausse de 8,4% par rapport au premier semestre 2021. Même si l'on peut s'attendre à un ralentissement sur la fin de l'année, Jean-Christophe Roubin estime que 2022 devrait se maintenir sur le niveau de 2021. “Ce serait la dixième année consécutive où le niveau de prêts accordés en agriculture dépasse les 7 milliards d'euros”, indique-t-il.

Les perspectives pour 2023 sont en revanche très incertaines. “Si le marché des céréales baisse mais que les prix des intrants restent élevés, on risque un effet ciseau qui serait très dommageable”, relève-t-il. Autre interrogation : la capacité du consommateur à payer plus cher pour acheter français en cette période d’inflation forte (7% sur l’alimentation). Les productions Bio en font déjà les frais, notamment sur le lait et sur les œufs. “L’inflation peut inciter les consommateurs à se tourner vers d’autres types de produits avec un effet d’escalier : ceux qui se tournaient vers le Bio vont aller vers de l’AOP, du conventionnel, de la marque de distributeur ou du premier prix”.