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Mardi 07/04/2026

Malgré quelques contournements, les cépages résistants au rendez-vous de la baisse des IFT

Publié par Pleinchamp

L’observatoire des variétés résistances fait état, pour la deuxième année consécutive, de cas de contournement de résistance au mildiou et à l’oïdium, sans mettre en cause la baisse significative des IFT induite, moyennant surveillance et combinaison de plusieurs leviers complémentaires.

« Les suivis réalisés en 2025, dans le cadre de l’observatoire Oscar, confirment le fort potentiel des variétés résistantes pour la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Cette baisse de l’IFT s’est accompagnée d’une bonne maîtrise de l’oïdium et du mildiou sur l’ensemble des parcelles suivies dans le réseau d’observation. Dans les conditions climatiques de l’année et avec les stratégies de protection mises en œuvre, aucune perte de récolte significative n’a été observée ». Telle est la conclusion générale l’Observatoire national du déploiement des cépages résistants (Oscar) pour l’année 2025.

Pour rappel, ce réseau, mis en place et piloté par l’IFV et l’INRAE avec l’appui des Chambres d’Agriculture, des Interprofessions viticoles et de la Pépinière Viticole, depuis l’implantation des premiers cépages résistants en 2018, a pour objet de surveiller le comportement des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium et d’établir des recommandations de nature à préserver leur efficacité dans le temps. « La durabilité des résistances de la vigne est un enjeu d’autant plus crucial que la vigne est une culture pérenne et que les variétés déployées dans les vignobles reposent sur un petit nombre de gènes, actuellement 5 pour la résistance mildiou et 3 pour l’oïdium », est-il rappelé dans le note technique Oscar 2026.

De nouveaux cas d’alerte en 2025

Les observations réalisées à l’issue de la campagne 2024 avait mis au jour les premiers cas de contournement de résistance, confirmés au laboratoire, dans quatre parcelles (trois parcelles d’Artaban, une parcelle de UD-32.078 N – Cabernet volos), localisées dans le bassin de la Vallée du Rhône, et se manifestant par des baisses d’efficacité vis-à-vis du mildiou. Les prélèvements réalisés en 2025 sur ces mêmes parcelles ont confirmé la présence de souches contournant les gènes de résistance. « Mais contrairement à la campagne précédente, aucun déficit de contrôle du mildiou n’a été observé en 2025 sur ces parcelles », relèvent l’Observatoire.

En 2025, de nouveaux cas d’alerte ont été signalés sur six parcelles, réparties entre la Vallée du Rhône (trois parcelles) et le bassin aquitain (trois parcelles). Les situations observées concernaient les variétés Artaban, Muscaris, Souvignier gris et Vidoc. L’ensemble des parcelles avait fait l’objet de traitements phytosanitaires. Des attaques de mildiou importantes sur feuilles ont été observées sur ces parcelles, avec l’apparition de symptômes sporulants à partir de début juin. En revanche, sur grappes, les symptômes étaient faibles voire absents, et aucune perte de récolte significative n’a été enregistrée.

Aucune perte de récolte significative

Au total, 88 % des 78 parcelles plantées avec des variétés résistantes dans 8 bassins viticoles de l’observatoire (pour lesquelles les données sur les traitements phytosanitaires ont été collectées) ont reçu au moins un traitement fongicide en 2025. Le nombre médian de fongicides appliqués (incluant les produits de biocontrôle), sur les parcelles de variétés résistantes du réseau, est égal à 5 avec un IFT médian égal à 2,5. « Les suivis réalisés en 2025, dans le cadre de l’observatoire Oscar, confirment le fort potentiel des variétés résistantes pour la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, conclut la note technique. Cette baisse de l’IFT s’est accompagnée d’une bonne maîtrise de l’oïdium et du mildiou sur l’ensemble des parcelles suivies dans le réseau d’observation. Dans les conditions climatiques de l’année et avec les stratégies de protection mises en œuvre, aucune perte de récolte significative n’a été observée ».

Comment protéger la résistance ?

Pour autant, le comité de pilotage de l’observatoire souligne « la nécessité de protéger ces résistances », en évitant l’apparition de souches contournantes d’une part et limitant la propagation de ces souches dans les situations où elles ont déjà été détectées d’autre part. Les stratégies de protection doivent s’appuyer sur la combinaison de plusieurs leviers complémentaires, à savoir, la mise en œuvre de méthodes prophylactiques, destinées à limiter l’initiation des épidémies et leur développement (épamprage, relevage, gestion des sols...) et la réalisation de traitements phytosanitaires préventifs, qui doivent impérativement être adaptés à la pression parasitaire de l’année, conformément aux préconisations des conseillers techniques. Dans les secteurs où des souches contournantes ont déjà été identifiées, une vigilance accrue est requise, en particulier en cas d’épidémie précoce et intense. Dans ce contexte, la mise en place de traitements précoces peut être envisagée.

Concernant le black-rot, l’observatoire prône une stratégie de protection adaptée, combinant prophylaxie et traitements phytosanitaires, en particulier dans les contextes climatiques favorables et sur les parcelles historiquement sensibles.