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Jeudi 13/08/2026
Météo : une seconde partie de mois d’août 2026 moins « excessive » ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo
Après une première quinzaine d’août 2026 encore dominée par de fortes chaleurs (l’indicateur thermique national affiche un excédent de 4,6°C), le signal de la seconde quinzaine paraît moins extrême. Avec une température moyenne voisine de 26°C, cette première quinzaine se classe à la 2ème place derrière 2003 (27,33°C).
Le contexte de départ reste très marqué : juillet 2026 a été le mois le plus chaud mesuré en France depuis 1900, avec une anomalie de +3,7°C et un déficit pluviométrique proche de 70%. La vague de chaleur engagée fin juillet, la 54ème depuis 1947 et la 3ème de l’année 2026, prolonge donc une séquence thermique déjà exceptionnelle. La suite, de ce mois d’août 2026, ne correspondra pas à une rupture fraîche, mais plutôt à un réajustement vers des températures plus proches des normales climatiques.
Après un week-end du 15 août instable et orageux, nous devrions observer, au cours de la semaine prochaine, le retour à un flux océanique, mais en conditions de bordure de l’anticyclone des Açores, surtout sur la moitié nord, favorisant un air franchement moins brûlant et un ciel plus variable. La 4ème canicule de cette année 2026 devrait donc s’achever dimanche 16 août par le sud-est du pays.
Si la baisse des températures est actée, la question reste ouverte au niveau des précipitations. En effet, les pluies attendues devraient rester faibles et irrégulières, davantage capables de casser temporairement la chaleur que de réparer la sécheresse des sols.
Le scénario météo le plus probable est donc celui d’une normalisation relative : moins d’excès de chaleur, plus d’instabilité, mais pas de bascule vers un temps frais et durablement pluvieux. La toute fin de mois, à partir du 24/25 août, serait plus ouverte avec possiblement des conditions météorologiques plus instables et donc plus pluvieuses…mais cette tendance est évidemment à confirmer ! La seconde quinzaine marquera une respiration météo bienvenue, sans effacer l’empreinte d’un été 2026 très déficitaire en eau et très excédentaire en chaleur.
De l’excès d’eau à la sécheresse extrême : le basculement hydrologique français de 2026
En moins de 6 mois, la France a basculé d’un excès hydrologique hivernal à une sécheresse agricole majeure. Fin février, après un mois de février record et 40 jours de pluie quasi continus, les sols étaient très humides sur la quasi-totalité du pays. Ce stock superficiel, pourtant exceptionnel, n’a pas résisté à l’enchaînement anticyclonique du printemps. Le printemps 2026 est devenu le plus chaud jamais mesuré en France, avec un déficit pluviométrique marqué, notamment en avril. La chaleur a accru l’évapotranspiration au moment critique de reprise végétative, accélérant l’assèchement des sols.
Fin juin, la sécheresse était déjà généralisée à l’Hexagone et à la Corse. Au 25 juillet, l’humidité des sols atteignait un niveau extrêmement bas, inédit si tôt dans la saison, dépassant 1976, 2022 et 2025 à date comparable.
La gravité de 2026 tient donc moins à un manque d’eau initial qu’à la vitesse de consommation du réservoir superficiel. Elle combine printemps sec, chaleur record, absence de pluies utiles et répétition de séquences caniculaires.
Après mai, juin et juillet, l’été météorologique poursuit une trajectoire thermique exceptionnelle, potentiellement record si août confirme. La France a déjà connu trois vagues de chaleur nationales en 2026 : 17/30 juin, 4/19 juillet, puis depuis le 28 juillet.
Cette 3ème vague deviendra certainement la plus durable en France car nous n’envisageons pas encore une baisse des températures suffisante pour passer en-dessous du seuil. Elle battra, dès lors, la vague de chaleur de juillet 1983, qui, avec 23 jours, était la référence historique.

