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Mercredi 17/06/2026

MFR : S’ancrer localement, rayonner durablement

Publié par L'union du Cantal

Responsables et élus ont rappelé à Marcolès l’importance de ces établissements par comme les autres, dans la formation des jeunes et le renouvellement agricole.

Former des professionnels, accompagner des jeunes parfois éloignés du modèle scolaire classique, renouveler les générations agricoles et contribuer à la vitalité des
territoires ruraux. Réunis lors d’une table ronde organisée à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération régionale des MFR Loire Auvergne, responsables agricoles, élus et anciens élèves ont souligné le rôle joué par les Maisons familiales rurales, et particulièrement par celle de Marcolès, très axée sur le monde agricole.


Une nouvelle concurrence


Pour le vice-président de la chambre d’agriculture du Cantal, Joël Piganiol, l’enjeu est démographique. “On installe de l’ordre de 80 jeunes aidés par an et autant d’installations non aidées, mais dans le même temps, près de 200 exploitants quittent l’activité. On a donc un solde négatif. Il y a un besoin fort de renouvellement qui doit d’abord s’appuyer sur la
formation.”
Dans ce contexte, les MFR apparaissent comme un maillon essentiel. Les intervenants ont insisté sur leur pédagogie fondée sur l’alternance, le concret et le lien avec les réalités professionnelles, soulignant la nécessité de préserver cette identité alors que la loi d’orientation agricole redessine le paysage de la formation. Ils ont aussi appelé à la vigilance face aux risques de concurrence entre établissements : le lycée agricole d’Aurillac envisage en effet des formations en alternance déjà dispensées à la MFR. Face à quoi, tous préfèreraient une logique de complémentarité afin que chaque structure puisse continuer à remplir son rôle. Parmi les interventions les plus marquantes, celle de Brigitte Troucellier, représentante de la MSA, venue témoigner de son expérience personnelle. Elle a inscrit son fils à la MFR de Marcolès alors qu’il rencontrait des difficultés dans un parcours scolaire classique, trop théorique pour lui. “Aujourd’hui, mon fils a complètement confiance en lui.”


“Sans MFR, il n’aurait pas son bac”


Désormais titulaire de son baccalauréat, il doit s’installer sur l’exploitation familiale et s’est engagé au sein des Jeunes agriculteurs. “C’est l’essence même de nos Maisons : écouter, comprendre, redonner confiance aux jeunes, leur apprendre un métier concret et leur donner envie de s’engager.” Un témoignage très applaudi. Ancien élève de la MFR marcolésienne, puis président de l’établissement pendant plusieurs années, André Carsac a lui aussi partagé son parcours. “Mes parents étaient désespérés parce qu’ils ne savaient plus quoi faire de moi.” Orienté vers la maison familiale, il y a effectué sa formation avant de s’installer puis de s’engager dans plusieurs responsabilités professionnelles et associatives. Il a défendu le renouvellement régulier des responsabilités au sein des structures associatives, condition indispensable pour faire vivre les projets et apporter des idées
nouvelles. Christian Montin, maire de Marcolès, et Michel Teyssedou, ancien président de la communauté de communes de la Châtaigneraie cantalienne et aussi ancien élève, ont rappelé l’importance de l’école pour la commune (environ 600 habitants). “L’avenir d’un village rural ne peut pas reposer uniquement sur son attractivité touristique, même lorsque celle-ci bénéficie d’atouts patrimoniaux reconnus”, relève Christian
Montin (NDLR : Marcolès, Petite cité de caractère, parmi les Plus beaux villages de France et en compétition pour le Village préféré des Français). “On ne peut pas assurer la vie d’un territoire
uniquement sur l’activité
touristique. Il faut aussi gérer la vraie vie, celle du quotidien.” La présence de 80 jeunes sur sa commune constitue un facteur essentiel de dynamisme, d’autant que la MFR recrute bien au-delà des frontières cantaliennes.


Une vision prospective


Au fil des interventions, il apparaît que les Maisons familiales rurales sont perçues comme bien plus que des établissements de formation, mais comme des lieux d’apprentissage humaniste, d’engagement et d’ancrage territorial. Joël Piganiol voudrait voir se développer une “vision prospective qui s’adosse sur les fondamentaux et s’adapte à un public qui évolue”, y compris des hors-cadre familial tentés par l’installation agricole. Son frère Marc, associé dans le même Gaec et président de la MFR pour encore trois ans, entend multiplier les partenariats, garants de pérennité et d’adaptation. Sécurité et santé mentale figurent parmi les sujets traités avec la MSA et Groupama. Dans un registre moins institutionnel, un partenariat avec le club de rugby de Maurs prévoit que le nom de la MFR figure sur les maillots. “Si grâce à ça on gagne, ne serait-ce qu’un élève par an, on est assuré d’un retour sur investissement.”