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Samedi 26/09/2026
Robots et tracteurs autonomes : juste une question de temps avant leur arrivée dans les champs
Longtemps cantonnés aux modèles de foire exposés dans les salons, les robots et tracteurs autonomes représentent aujourd’hui une alternative crédible technologiquement. S’il semble acquis qu’ils s’imposeront pour les travaux des champs les plus simples, la question du « quand » semble plus délicate à définir.
Le 10 septembre dernier dans une parcelle située à Château-Gontier-sur-Mayenne, le robot Agxeed est en pleine démonstration de déchaumage lors d'une journée Innov-Action organisée par la chambre d'agriculture locale. Florent Renaudier, élu au sein de l'organisme consulaire, se souvient d’un temps pas si lointain. « Ça me rappelle l’arrivée des premiers robots de traite il y a 30 ans. Ça nous paraissait beaucoup trop futuriste. On se disait que ça n’arriverait jamais jusque dans nos fermes », sourit-il.
Pour les robots des champs et les tracteurs autonomes, le temps de la surprise est déjà révolu. Chez les spectateurs du jour, étudiants comme agriculteurs, l’étonnement n’est plus de mise. « Quand on voit le tracteur, on comprend bien le concept d’autonomie, mais ça nous donne l'impression de ne pas être complètement abouti », évoquent Alban, Denis et Antonin, étudiants en première bac pro.
Bardé de capteurs et de technologie implémentés par la société Lattitude GPS, le tracteur Massey Fergusson 7719S présenté ce jour-là, peut fonctionner en autonomie tant qu’un opérateur garde un contact visuel, même à distance. En guise de démonstration, Raphaël Délandes, chargé de développement chez Lattitude GPS, s’est positionné à plusieurs reprises quelques mètres devant le tracteur en plein déchaumage afin de démontrer la capacité de ce dernier à s’arrêter puis à repartir en cas de détection d’un obstacle.
Pour les trois lycéens, fils d’agriculteurs, ce n’est qu’une question de temps avant que la technologie ne s’impose dans les champs. « Moi je me vois plutôt travailler avec un tracteur autonome qu’avec un robot sans cabine, c’est une question d'habitude », renchérit l’un des trois jeunes.
Des anciens pas surpris
Un peu plus loin, un groupe d'agriculteurs en activité, voire récemment retraités, échange sur l’état de sécheresse des sols dans leur exploitation, tout en gardant un œil sur les machines. « Dans le secteur, les premiers tracteurs datent d’il y a 70 ans. Je ne serais vraiment pas étonné que dans 20 ans, près d’un siècle plus tard, il y ait des machines autonomes partout », assure l’un des retraités.
Pour Luc Grimoux, entrepreneur de travaux agricoles au cœur de la Mayenne, c’est le manque de main-d’œuvre qui poussera l’arrivée des machines autonomes. « Demain, nos chauffeurs seront des gestionnaires de parc de machines autonomes. Je pense que ces nouveaux systèmes de conduite vont attirer des profils de jeunes différents de ceux que nous pouvons recruter aujourd’hui pour conduire les tracteurs et qui se font de plus en plus rares », estime-t-il.
En 2026, des équipements qui restent rares
Si l’arrivée des machines autonomes ne semble surprendre plus personne, le constat actuel reste très mesuré. Le robot Agxeed, commercialisé depuis deux ans et dont une seconde version en 230 ch est récemment sortie, n’atteint qu’une quinzaine d'unités en France. « Nous en avons vendu deux en 2025 mais aucun pour l’instant en 2026. Il va falloir que ça redémarre en 2027 car nous consacrons des moyens non négligeables à cette technologie », constate Damien Cousin, coordinateur chez Tecmat, le concessionnaire local.
De son côté, le constructeur évoque le retard français par rapport à l'Allemagne, où trois fois plus de robots sont déjà en fonctionnement. « Ils vont essentiellement dans des fermes de 200 à 500 hectares pour tout ce qui est travail du sol notamment », détaille Jonathan Müller, responsable des ventes chez Agxeed. Il espère que l’augmentation du nombre de machines pourra à l’avenir permettre de réduire le coût de fabrication et donc le prix de vente.
Les tracteurs autonomes dans le flou face à la réglementation
En France, Lattitude GPS n’a que trois tracteurs autonomes en fonctionnement, dont un seul réellement en essai dans une exploitation agricole. Les grands constructeurs, qui pourraient appuyer le développement de cette technologie à un rythme plus soutenu, restent aujourd’hui frileux en Europe du fait de la réglementation. « Si l’État veut avancer dans cette direction, ça ira très vite », soutient Luc Grimoux. L'entrepreneur est persuadé qu’il verra le début de ces tracteurs autonomes avant la fin de sa carrière. « La réglementation devrait être amenée à évoluer début 2027 », annonce avec espoir Raphaël Délandes.
Le tracteur électrique ne pourra pas tout faireLors de la journée Innov-Action, un système Rétrofit pour électrifier un tracteur était également exposé. De l’avis général, même à long terme, cette source d’énergie ne devrait pas quitter la cour de ferme. « Ça peut être pas mal pour le tracteur d’élevage, mais on voit difficilement comment il pourrait réaliser les travaux des champs », s’interrogent les étudiants en lycée agricole. Un peu plus loin, un éleveur surenchérit : « Les moteurs diesel s'encrassent dans nos élevages l’hiver. Un moteur électrique ne serait pas inintéressant pour éviter ça ». De son côté, Luc Grimoux met une pièce sur l’hydrogène plutôt que sur l’électrique comme alternative au GNR pour les activités nécessitant de la puissance. |


