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Mercredi 09/09/2026
Les tracteurs autonomes ou autonomisés, futures mamelles de la robotique des champs
[Innovagri 2026] Selon AgXeed, qui revendique 15 AgBot en service en France, la peur de l’inconnu constitue la principal frein la conquête de la terre par les robots. Une appréhension que les kits autonomes pourraient contribuer à lever, sinon un regard objectif et rationnel sur les atouts du robot ou du tracteur autonomisé.
Comment peut-on, depuis 30 ans, faire totalement confiance à des robots de traite pour appréhender un animal (vivant) à quatre pattes et quatre mamelles et renâcler à voir dans le robot des champs (vivants aussi mais un peu moins) un libérateur de temps à faible valeur ajoutée ? « La peur de l’inconnu », répond Jonatan Müller, responsable des ventes Europe du sud chez AgXeed. Depuis le début de la commercialisation en 2022, l’entreprise néerlandaise a placé 15 robots en France sur un total de 160, écoulés principalement en Europe du nord.
Un tracteur sans cabine (ni siège)
L’AgBot T2 est un engin de 8 t à moteur diesel (Deutz 156 ch, réservoir de 330 litres, 13 km/h maxi) et train de chenilles à voie variable (1,90m à 3,20m), avec une capacité de levage de 8 t à l’avant et 4 t à l’arrière. Il est paré pour animer des outils électriques grâce à sa prise de 700V. Il est bardé de systèmes de sécurité pour éviter obstacles et intrus, et ne pas sortir sa de zone programmée de travail.
Sous le contrôle de la plateforme TraXwise développée par AgXeed, l’AgBot, une fois acheminé au champ, évolue en totale autonomie après la planification préalable des itinéraires, la plateforme assurant le suivi en temps réel des chantiers et l’enregistrement ultime des tâches.
« Au début, les utilisateurs sont pendus à leur téléphone pour s’assurer que tout se passe bien, mais ils décrochent très rapidement », poursuit Jonatan Müller.
Le prix ? « Si l’agriculteur croit dans la robotique, le prix n’est jamais le frein », assure le jeune homme. Le constructeur annonce un tarif supérieur de 30% à celui d’un tracteur conventionnel équivalent. A chacun de jauger la valeur du temps de main d’œuvre économisé et/ou son affectation à d’autres tâches. Les polyculteurs-éleveurs, parmi les plus friands de l’AgBot, ne se posent pas trop la question.
Et si AgXeed, disparaissait demain, qu’adviendrait-il de mon robot, totalement dépendant de la plateforme » La question taraude certains acheteurs potentiels, selon AgXeed, qui tente de rassurer en indiquant que deux poids lourds du machinisme, en l’occurrence Claas et Amazone, sont au capital de l’entreprise.
Un non-match entre robot et kits autonomes
L’intérêt de Claas n’a rien de fortuit. Le constructeur tire profit de l’expertise d’AgXeed pour opérer la transition robotique de ses tracteurs conventionnels, à commencer par le Xerion 12 et les Axion série 9 et 8. Car avec les robots, les modules autonomes sur tracteur avec poste de conduite, sinon les kits de rétrofit, tels qu’en propose par exemple Latitude GPS avec GPX, constituent à n’en pas douter les mamelles de la robotique des champs. Avec le prix comme arbitre et/ou le contexte propre à chaque exploitation. A Ondes (Haute-Garonne), où se déroule Innovagri, l’Innovapôle (LEGTA et CFPPA) et le consortium FAAN (Formations agricoles agrivoltaïsme et numérique) ont fait l’acquisition de deux AgBot il y a près d’un an. Un signe.

