Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Lundi 24/08/2026

Sécheresse 2026 : les patatiers sonnent l’alerte

Publié par Pleinchamp

La perte de rendement combinée à la réduction des surfaces entraine une « baisse brutale » des volumes selon l’UNPT, qui pointe également des altérations d’ordre qualitatif, et qui appelle à construire « urgemment des réponses communes sur les volumes non livrables, la qualité et les conséquences économiques de la campagne ». L’Etat est aussi appelé à la rescousse.

Les campagnes se suivent et ne ressemblent pas. Alors que l’on croulait sous les pommes de terre il y a un an arrirère, la campagne 2026 pourrait être marquée par une chute brutale de la production, que l’UNPT estime de l’ordre de -23 % en un an, soit près de 2 millions de tonnes de pommes de terre de consommation en moins qu’en 2025.

La faute à la sécheresse exceptionnelle, responsable d’une chute des rendements estimée à -14%, combinée à une réduction des surfaces en production de -10%. Les projections de l’UNPT conduisent à ce stade à un rendement moyen national d’environ 37,4 t/ha, contre 43,5 t/ha en 2025 (-14 %) et 43,1 t/ha en moyenne quinquennale (-13 %). « Il s’agirait du plus faible rendement observé depuis plus de 30 ans, après l’épisode déjà historique de 2022 », indique l’UNPT dans un communiqué.

A la baisse des volumes s’ajoutent des incidences d’ordre qualitatif, « avec des calibres plus petits, des teneurs en matière sèche variables et parfois des désordres physiologiques ».

L’appel à la filière…

Selon l’UNPT, de « nombreuses exploitations » ne vont pas pouvoir honorer leurs contrats de production. « L’aléa climatique doit permettre d’adapter, en toute transparence, les volumes contractuels à la réalité de la récolte, dans le respect des engagements de chacun », l’objectif étant d’éviter que les producteurs soient contraints de racheter ou compenser à leurs frais sur le marché libre des volumes qu’ils n’ont pas pu produire du fait des conditions climatiques exceptionnelles. D’où l’appel à toute la filière, des organisations de producteurs aux consommateurs, en passant par les négociants, les industriels et la restauration hors foyer. « La baisse le des rendements et des volumes disponibles ne peut conduire à concentrer sur les seuls producteurs les conséquences économiques désastreuses de cette situation exceptionnelle », écrit l’UNPT.

Le 18 août dernier, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) avait annoncé réviser ses exigences en matière de calibre et d’aspect, et faire de l’origine France une « priorité assumée ».

…et à l’Etat

L’UNPT interpelle également l’Etat, sommé « d’engager un dialogue déterminé avec ses homologues européens afin d’éviter que la production française contractualisée à l’étranger ne se traduise par une multiplication des différends commerciaux entre producteurs et acheteurs » d’une part, et « d’anticiper dès maintenant un dispositif exceptionnel de soutien aux producteurs les plus durement touchés, afin de leur permettre d’absorber une partie du choc » d’autre part.

Sur ce dernier point, le gouvernement prévoit des annonces à compter du 3 septembre, à la suite de l’état des lieux « précis et documenté, territoire par territoire, filière par filière » des préfets, attendu pour ce jeudi, et qui doit permettre de calibrer le plan « Canicule - Sécheresse – Incendies », annoncé le 6 août dernier.