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Jeudi 17/09/2026
Sur fond de décapitalisation, les élevages spécialisés en bovins toujours plus… spécialisés
Les élevages laitiers sont de moins en moins engraisseurs tandis que les élevages allaitants sont de moins en moins naisseurs-engraisseurs. Entre 2015 et 2025, le nombre total de vaches a baissé de 14,7% à 6,4 millions de têtes et le nombre d’élevages de 28,0% à 100.500 unités, selon Agreste.
Entre 2015 et 2025, le nombre de vaches en France (hors Outre-Mer) recule à un rythme moyen de 1,6% par an, pour atteindre 6,4 millions de têtes, contre 7,5 millions dix ans plus tôt. Tel est le constat dressé par le service statistique du ministère de l’Agriculture
Le phénomène de décapitalisation du cheptel est légèrement plus marqué dans les élevages laitiers, dont les effectifs de vaches reculent de -15,9 % en 10 ans contre -13,4% dans les élevages allaitants. La décapitalisation n’affecte pas tant élevages conservant leur système de production que ceux caractérisés par des trajectoires spécifiques, en particulier les reconversions d’un système laitier vers un système allaitant, qui s’accompagne d’une baisse importante des effectifs. Par ailleurs, les cessations d’activité concernent davantage des élevages dont les effectifs étaient déjà plus faibles en 2015 que ceux ayant poursuivi leur activité.
Lait : 38.856 élevages (-34,8%), 3,13 millions de vaches (-15,9%)
En 2025, la France comptait 38.856 élevages de vaches laitières, soit 34,8% de moins qu’en 2015 et 3,13 millions de vaches, soit 15,9% de moins. En 10 ans, le nombre moyen de vaches par élevage a en revanche progressé de 29,0%, passant de 62,5 à 80,7.
Le recul du nombre d’élevages laitiers s’observe dans tous les départements, dans une fourchette comprise entre -13,2% dans le Doubs et -64,0% dans les Landes. Le croissant laitier (de la Bretagne aux Alpes su Nord) résiste davantage que le Sud-Ouest, où la décapitalisation laitière est plus marquée.
Depuis 2015, les élevages laitiers se spécialisent progressivement dans la production de lait au détriment de l’activité d’engraissement : les laitiers spécialisés représentaient les deux tiers (66%) des effectifs en 2015 contre les trois-quarts (75%) en 2025. Une grande partie des « laitiers engraisseurs » se reconvertit (soit vers le système « laitier spécialisé » (6200 élevages sur la période), soit vers le système allaitant (2800 élevages).
Viande : 59.563 élevages (-19,3%), 3,12 millions de vaches (-13,4%)
En 2025, la France comptait 59.563 élevages de vaches allaitantes, soit 19,3% de moins qu’en 2015 et 3,12 millions de vaches, soit 13,4% de moins. En 10 ans, le nombre moyen de vaches par élevage allaitant a progressé de 7,4%, passant de 48,8 à 52,4.
La baisse du nombre d’élevages allaitants est plus contrastée selon les territoires (cartes 2). Elle est particulièrement marquée dans le Sud-Ouest (-43,4% dans les Landes, -36,9% dans le Lot-et-Garonne, -30,7% en Gironde) et dans le Limousin (-26,1%). Elle est aussi nette dans le bassin charolais (-20,4%). À l’inverse, le recul est plus limité dans le sud du Massif Central (-2,6% en Lozère, -10,0% dans le Cantal), dans le Nord-Est (-2,9% en Haute-Saône) avec même des hausses dans certains départements : +4,9% en Haute-Loire, +8,9% dans les Vosges.
Le système allaitant évolue vers un recentrage sur le modèle naisseurs. Leur nombre baisse de -16,4% entre 2015 et 2025 (33.830 unités) contre -26,1% pour les naisseurs-engraisseurs (20.351 unités). Le système engraisseur spécialisé résiste globalement sur la période (-6,5%) mais il reste minoritaire dans l’ensemble des élevages allaitants (4259 unités).

