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Jeudi 15/01/2026
Poulet ukrainien, viande Mercosur : la restauration collective remet « la cantine au centre du village »
Chiffres à l’appui, le Syndicat national de la restauration collective (SNRC) dément être le cheval de Troie des viandes moins-disantes (et moins chères) en provenance des pays tiers, que la ratification de l’accord UE-Mercosur va servir un peu plus sur un plateau. Ou plus exactement dans les rayons.
Qu’on se le dise : les nouveaux contingents détaxés de viande bovine (99.000 tec), de viande de volaille (180.000 Tec) et de viande de porc (25.000 Tec), va entériner la ratification de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur le 17 janvier à Asunción, capitale du Paraguay, ne vont pas atterrir dans les cantines de nos écoles, de nos établissements de soin, de nos maisons de retraites, de nos casernes et de nos restaurants d’entreprise. « Parler d'une majorité de poulets ukrainiens ou brésiliens, ou de viande en provenance du Mercosur dans la restauration collective concédée, est donc factuellement faux », fait savoir le Syndicat national de la restauration collective (SNRC) dans un communiqué publié le 14 janvier.
Le SNRC, qui revendique servir quotidiennement 6,7 millions de repas, dans plus de 28.000 restaurants, pour un chiffre d’affaires de 12,5 milliards d’euros, digère mal la « petite musique » insinuant « sur les plateaux de certains médias ou sur les réseaux sociaux, que les poulets servis dans les cantines françaises seraient majoritairement ukrainiens ou issus des pays du Mercosur ».
Selon l’enquête que le SNRC a mené en 2025 sur les achats de 2024, les viandes hors UE représentent moins de 1 %, 0,91% exactement, des volumes servis en restauration collective. Et il ne s’agit ni de bœuf, ni de poulet mais majoritairement d’agneau néo-zélandais.
Restaurer les Français… et la vérité
Dans le détail, 70,93% des viandes consommées sont d’origine France et 28,15% d’origine UE. Le SNRC rappelle au passage que la restauration collective représente environ 7% des produits agricoles français consommés en France (hors export) contre 68% pour la grande distribution. « Nos entreprises s’engagent pour la Ferme France car elles sont conscientes du travail et de la qualité des produits proposés par nos agricultrices et nos agriculteurs, déclare Isabelle Aprile, présidente du SNRC. Chaque jour, ils créent de la valeur sur nos territoires et nous sommes fiers de les soutenir par notre politique d’achats, au service de notre souveraineté alimentaire ».
… à moindre coût
Le SNRC rappelle au passage que la restauration collective est « une restauration sociale dont le coût du repas est très inférieur à celui de la restauration commerciale classique ». Et de mentionner les tarifs, sur le marché de Rungis, du poulet ukrainien (±3€/kg) du poulet brésilien (±2,50 €/kg), du poulet français (±7€/kg) et du poulet français label rouge (±14 €/kg). « C’est un investissement fort, synonyme de soutien à la Ferme France malgré un contexte budgétaire contraint. La restauration collective n’est pas le problème : elle fait partie de la solution, en soutenant concrètement la Ferme France, chaque jour, dans les cantines de millions de Français. Elle très fière de rappeler que sa raison d’être est de permettre à toutes et à tous d’avoir accès à une alimentation saine, sûre, équilibrée et durable, grâce à l’engagement de ses équipes partout sur le territoire » conclut le SNRC.
