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Mercredi 29/07/2026
Viande bovine : face à la baisse des prix, des éleveurs manifestent devant des établissements Bigard
A l’appel de la FNB, des éleveurs ont manifesté mardi 28 juillet contre la chute des cours de la viande bovine devant plusieurs établissements du géant français des abattoirs, accusé d'abus de position dominante.
À La-Roche-sur-Yon, en Vendée, une bâche noire barre la grille de l'abattoir Socopa, propriété du groupe : « Bigard ne tarie pas ta source, le juste prix pour les éleveurs ».
Au total, une quinzaine d'abattoirs ont fait l'objet de blocages le 28 juillet à travers la France, notamment dans la Sarthe, en Moselle, dans le Finistère ou encore dans le Tarn, selon la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, à l'origine du mouvement.
Adossé à un tracteur garé près de l'abattoir vendéen, Maxime Sionneau, éleveur à Sainte-Florence, dénonce une « chute de prix incomprise et injustifiée ». « D'autant qu'à côté de cela, on rencontre d'autres problématiques : la sécheresse, la hausse des charges sur l'engrais, sur le gazole non routier. La situation n'est pas tenable », souffle-t-il.
>> Lire aussi l'analyse d'Acti-Ouest : Bovins viande – La baisse se renforce
Un seuil critique atteint
Pour Jordy Bouancheau, vice-président des Jeunes Agriculteurs, la filière arrive au « seuil critique », avec des prix « à la veille de passer sous les coûts de production ». À ses côtés, le président de la FDSEA, Brice Guyau, appelle le leader français de la viande à mettre fin à sa « stratégie de baisse de prix » : « Bigard doit revoir sa copie ».
Des baisses « très violentes »
Le président de la Fédération nationale bovine, Patrick Bénézit, relève des baisses de prix « très violentes » ces derniers mois, avec « des dépréciations » qui peuvent atteindre 600 euros par tête, soit jusqu'à 25% du prix de l'animal.
La contestation des éleveurs « ne s'adresse pas qu'au groupe Bigard », souligne-t-il. « Nous le ciblons effectivement parce que c'est le leader du marché. Mais le message s'applique à tous les opérateurs (...) Car [le prix de] nos animaux baisse, par contre le [prix du] steak dans l'assiette du consommateur, il ne baissera pas ».
Sollicité par l'AFP, le groupe Bigard n'a pas répondu dans l'immédiat. Le leader du secteur, qui commercialise sa viande sous trois marques phare, Bigard, Charal et Socopa, détient en France 30 abattoirs. Selon une récente enquête du Monde et de Lighthouse Reports, le rachat par Bigard de ses concurrents ces 25 dernières années a « créé ou renforcé » une position dominante pour un élevage sur cinq.
Des justifications contestées
Selon les éleveurs, les abatteurs justifient la baisse des cours de la viande par une baisse de la consommation, couplée à des stocks existants et des importations importantes et compétitives.
« Entre janvier et mai, la consommation est à moins 0,6% seulement, un léger retrait, mais qui n'est absolument pas catastrophique. Pour les importations, les chiffres des douanes disponibles jusqu'à fin mai font état d'un recul de 1% », relativise Patrick Bénézit.
La consommation de viande bovine n'a cessé de baisser ces dernières années alors que la consommation globale de viande augmente légèrement grâce au poulet et au porc, moins chers et plus adaptés aux nouvelles habitudes de consommation.
Éleveuse à Grosbreuil, à une trentaine de kilomètres de La-Roche-sur-Yon, Anita Prouteau est venue à l'abattoir Socopa vêtue d'un T-shirt blanc marqué « Fiers de vous nourrir ». « Je me bats parce que je suis contente de nourrir les Vendéens, les Français. Le maintien des prix est nécessaire pour la durabilité des cheptels », affirme-t-elle.
La mobilisation du jour représente un « coup de semonce » avant une pause estivale, mais Jordy Bouancheau l'assure : « Si les mêmes désaccords persistent en septembre, on reviendra ».