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Mercredi 04/03/2026

[vidéo] Le triage en Cuma s’impose comme un levier d’adaptation climatique

Publié par Fédération Régionale des cuma Nouvelle Aquitaine

Face au changement climatique, à la pression des adventices et à la volatilité des marchés, deux Cuma du territoire ont fait le choix d’investir dans un outil stratégique : un trieur de semences. À la Cuma de Sévignacq comme à la Cuma de Baratze, le pari du collectif porte ses fruits.

Un investissement réfléchi

À Sévignacq, la réflexion est née d’un constat économique. « En bio, certaines récoltes ne sortent pas assez propres et subissent des décotes à la livraison », explique Armand Jouanjus, président de la Cuma. L’objectif : améliorer la valorisation des productions et produire des semences de qualité. Le trieur permet de traiter toutes tailles de graines et peut, si nécessaire, inoculer les semences pour assurer leur protection sanitaire.

À Baratze, la démarche est collective dès le départ. « On était un petit groupe d’agriculteurs bio confrontés aux mêmes problèmes de graines de mauvaises herbes dans nos semences », témoigne Serge Gestas, adhérent de la Cuma de Baratze. Après avoir externalisé le triage à plusieurs dizaines de kilomètres, le groupe décide d’investir dans un trieur mobile monté sur remorque, facilement déplaçable de ferme en ferme.

Un trieur pour faire face au changement climatique et réduire l’utilisation des produits phytos

Une organisation souple et adaptée

Le fonctionnement repose sur une organisation pragmatique. « Il faut simplement une prise électrique, un sol plat et une remorque pour récupérer le produit propre », précise Patrick Cabana, vice-président de la Cuma de Sévignacq. Pour les gros volumes, l’adhérent peut travailler en autonomie après réglage de la machine. Pour de plus petites quantités, les chantiers peuvent être regroupés en poste fixe. Chaque récolte nécessite cependant un réglage spécifique afin d’optimiser la qualité du tri.

Des résultats économiques au rendez-vous

À Baratze, les prévisions initiales ont été largement dépassées. « On tablait sur une centaine d’heures par an, on dépasse aujourd’hui les 300 heures », indique Serge Gestas. Cette montée en charge a permis de réduire fortement les coûts, désormais inférieurs aux estimations de départ. Les gains en valorisation sont significatifs. Un adhérent en tournesol bio est ainsi passé de 28 % d’impuretés avant triage à seulement 2 % après passage au trieur. Dans un contexte où le prix du tournesol peut atteindre 1 000 € la tonne, la plus-value est immédiate.

Un outil d’adaptation climatique

Au-delà de l’aspect économique, les agriculteurs y voient un levier d’adaptation. « En conservant nos semences de ferme, qui ont déjà subi des pics de chaleur, on sélectionne des graines potentiellement plus résistantes », souligne Patrick Cabana. Le trieur permet également de nettoyer efficacement les couverts végétaux et d’éliminer certaines adventices problématiques, comme la vesce sauvage dans le blé. « Aujourd’hui, le blé sort propre, ce qui était impossible auparavant », ajoute Serge Gestas.

La force du collectif

Mutualisation de l’investissement, partage des charges, organisation collective des chantiers : le modèle Cuma démontre une nouvelle fois sa capacité à accompagner les transitions agricoles. À Sévignacq comme à Baratze, le triage s’inscrit désormais comme une activité structurante, au service de la performance économique, de l’autonomie des exploitations et de la résilience face aux aléas climatiques.