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Produits phytopharmaceutiques : quelle utilisation dans 5 ans ?

Anne Sophie LESAGE

Produits phytopharmaceutiques : quelle utilisation dans 5 ans ?

A l’occasion de sa conférence de presse annuelle, mercredi 15 janvier, l’Union des Industriels de la Protection des Plantes a présenté une projection à 5 ans des évolutions du marché des produits phytopharmaceutiques.

Avec un contexte réglementaire, politique et sociétal en forte évolution, le marché des produits phytopharmaceutiques est obligé de se réinventer. « Pour nous c’est important d’avoir une tendance (…) et d’en mesurer la faisabilité » déclare Eugénia Pommaret, directrice générale de l’UIPP. Et pour mieux identifier et comprendre les facteurs de modification, l’association a commandé une étude sur les tendances du marché pour les 5 prochaines années, menée en 2019 par le cabinet Alcimed auprès d’experts du monde agricole (instituts, machinistes…). Et d'après ces derniers,  « ce sont essentiellement le contexte règlementaire et les politiques publiques » qui pourraient impacter le marché.

En effet, les évolutions en France et en Europe au cours des dernières années ont provoqué le retrait de nombreux produits dans un temps réduit.  Pour Eugénia Pommaret on est face à un appauvrissement de l’offre « qui provoque des impasses techniques pour certaines productions. » Certaines comme les asperges, les carottes des sables ou encore certains fruits rouges pourraient même disparaitre. Pour le cabinet Alcimed, les politiques publiques comme Ecophyto, Ambition bio, Egalim ou encore la future PAC impacteront à la hausse la part des produits de biocontrôle et ceux utilisés en agriculture biologique. Cette tendance devrait être plus marquée encore en viticulture avec la montée en puissance de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE).

Progression du désherbage mécanique

Autre élément déterminant pour le marché des produits phytos dans les années à venir : les nouvelles technologies. « Utiliser la bonne quantité de produit au moment opportun est devenu un enjeu pour chaque agriculteur » insiste l’UIPP qui pointe le matériel comme levier d’action. En effet, poussé par la réglementation et les nouvelles labellisations (LabelPulvé), les pratiques agricoles évoluent vers des usages de précision. Cependant, des freins existent. Pour Eugénia Pommaret « le coût et le manque d'accompagnement » pourraient limiter les investissements. Enfin d’après l’étude, la généralisation du big data et de la robotique sera très progressive et n’impactera que faiblement le marché dans les 5 ans à venir. Mais pour l'UIPP se sont « des éléments très prometteurs et tout à fait en phase avec le contrat de solutions que nous soutenons.»

Le désherbage mécanique devrait, quant à lui, « rapidement se développer » poussé par Ecophyto, les CEPP et d’autres, mais aussi en raison des faibles quantités de solutions disponibles qui pourraient conduire à des résistances d'adventices. Enfin, d’après les interviews d'experts, les variétés tolérantes et résistantes sont de plus en plus plébiscitées par les agriculteurs. « Leur développement dépendra majoritairement de l’offre mise sur le marché par les intervenants du marché semencier » précise l’étude.

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Commentaires 3

olaterespir

Évidement que les agriculteurs n utilisent pas les pesticide par plaisir ,a moins qu ils soient idiots.Les bio ont parfois des problèmes .C est parfois compliqué :printemps pluvieux ,fenetre d intervention courtes ,intervention tardive sur parcelles reverdie.Personnellement j ai pu faire mes semis d automne dans des condition honnêtes .Le truc quand on passe en bio par conviction c est de prendre la nature en condition ,disons de la retrouver car elle nous rend bien des service.Par rapport aux auxilliaires ,a la vie qui revient dans le sol.Hélas dans le systeme de productivité a tout va les agriculteurs ont été conditionné pour travailler contre la nature dommage... Trop facile de traiter les gens qui font des efforts de bobo écolo....

Etama

Les agriculteurs utilisent des produits phytosanitaires par nécessité, pas par plaisir , preuve en est les différences d'utilisations selon les années et le complexe pédo-climatique du moment.Combien d' Ha de céréales auraient'ils pu être semés en automne 2019 sans la solution du glyphosate , sans doute très peu. Le remède voulu par les minorités bobo-écolo sera bien pire que le mal .

digue3942

dans 5 ans,une utilisation aussi intelligente qu'aujourd'hui.......!

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