[Med’Agri] « Je préfère livrer à la cantine » avec Agrilocal

Raphaël Lecocq

[Med’Agri] « Je préfère livrer à la cantine » avec Agrilocal

Présente dans 34 départements, la plateforme Agrilocal met en relation des producteurs locaux avec des acheteurs publics de la restauration collective, simplement, gratuitement et en respectant les règles des marchés publics. Le Vaucluse a doublé son chiffre d’affaires l’an passé. Une dynamique que la loi alimentation va conforter.

En 1973, le chanteur Carlos faisait la promotion des cantines scolaires avec son titre : « je préfère manger à la cantine ». Mais c’était davantage pour faire le chahut que pour la viande « dure comme du caoutchouc » ou les épinards farcis de cailloux. Cette image est révolue. En tout cas, l’association Agrilocal ( agrilocal.fr) s’y emploie. Créée en 2013 à l’initiative du Puy-de-Dôme et de la Drôme, elle fédère aujourd’hui 34 départements disposant chacun de sa propre plateforme internet permettant aux responsables des cantines publiques de passer des appels d’offre auprès des agriculteurs. L’objectif est le suivant : privilégier l’approvisionnement local en produits frais de qualité. Aux agriculteurs de nouveaux débouchés. Aux convives une mise en bouche de nouvelles saveurs et une variété de plaisirs procurés par des produits du terroir.

Moins d’une minute pour répondre à un appel d’offre

En 2017, la plateforme Agrilocal du département Vaucluse ( agrilocal84.fr) a enregistré une hausse de 93 % de son chiffre d’affaires. Il avoisine les 200 000 €, dont l’essentiel réalisé auprès des producteurs. Respect des marchés publics oblige, rien n’empêche en effet les artisans et grossistes de répondre aux appels des chefs cuisiniers des collèges, lycées, hôpitaux, maisons de retraite et autres municipalités. Mais les acheteurs peuvent mentionner dans leurs appels des critères tels que la proximité, faisant de fait le jeu des circuits courts et donc des agriculteurs locaux. Le processus est en prime extrêmement simple. Pour adhérer, il suffit de renseigner sur le site ses coordonnées, ses produits et ses labels. Les producteurs sont ensuite avertis, par Sms ou mail, des marchés publics passés dans leur département. Libres à eux d’y répondre, en renseignant la qualité et le prix. Leur proposition est envoyée directement au restaurant collectif ayant lancé le marché. 

Vitaminé par la loi alimentation

Au plan national, l’association Agrilocal recense près de 1200 acheteurs, dont 54% de collèges, et un peu moins de 2000 agriculteurs fournisseurs, pour un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros (2016). La dynamique devrait être confortée par la Loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable, voté le 2 octobre dernier. D’ici à 2022, la restauration collective publique devra en effet s’approvisionner avec au moins 50 % de produits locaux ou sous signe de qualité (bio, Label rouge etc.). Pour atteindre l’objectif, il faudra sensibiliser les chefs cuisiniers comme les agriculteurs, ces derniers devant peut-être imaginer des formes de regroupement pour mieux répondre à des demandes pouvant apparaître parfois comme hétéroclites. Autre volet de la loi : la restauration collective devra, au même titre que l’industrie agroalimentaire, réduire le gaspillage, via la mise en place d’un diagnostic obligatoire et le don alimentaire. De quoi envoyer définitivement au rebut la chanson de Carlos.

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