anonymous

Journée du droit des femmes : un agriculteur sur quatre est une agricultrice (MSA)

ASL

Journée du droit des femmes : un agriculteur sur quatre est une agricultrice (MSA)

D’après des chiffres publiés ce jeudi par la MSA, 26% des chefs d’exploitation en 2017 étaient des femmes. Un chiffre stable depuis plus de 10 ans.

Histoire d'agricultrice(s)

Le mot « agricultrice » n'est apparu dans le Larousse qu'en 1961. Mais, le statut juridique reste flou. 
En 1962, sont créés les GAEC (groupements agricoles d'exploitation en commun) permettant à des agriculteurs de s'associer. Toutefois, cette loi qui empêche deux époux d'être seuls associés, a principalement profité aux fils d'agriculteurs s'apprêtant à reprendre l'exploitation, maintenant ainsi l'épouse comme aide familiale.
En 1973, elles peuvent être associées d'exploitation mais le recours à ce statut concerne d'abord essentiellement les fils d'agriculteurs. 
En 1980, elles bénéficient du statut de co-exploitante qui leur permet de gérer la partie administrative de l'exploitation.
En 1985, avec l'apparition de l'EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée), elles obtiennent une reconnaissance de leur activité au sein des exploitations et entreprises agricoles car ce type de société civile permet aux conjoints de s'associer en individualisant leurs tâches et leurs responsabilités. 
Pourtant c'est seulement avec la loi d'orientation agricole de 1999 et la création du statut de
« conjoint collaborateur » que les agricultrices disposent d'un accès à une protection sociale (retraite).
La Loi de modernisation agricole de juillet 2010 permet la constitution de GAEC entre conjoints, qu'ils soient mariés, pacsés ou concubins, pour donner un statut juridique au travail du conjoint dans une exploitation agricole.

source : MSA

En 2017, la population active non-salariée agricole féminine représente près de 134 000 femmes. Elles représentent 27,8% des non-salariés agricoles. Ce chiffre se compose de 110 300 cheffes et 23 500 collaboratrices d’exploitation. L’âge moyen des femmes chefs d’exploitation est de 52,1 ans, en augmentation de 6 mois par rapport à 2016, contre 48,4 ans pour les hommes (en augmentation de 3 mois). Parmi elles, 21,0% ont plus de 60 ans (11,4 % chez les hommes).Une femme sur neuf est devenue cheffe d’exploitation par transfert entre époux. La MSA explique : « lorsque l’agriculteur fait valoir ses droits à la retraite, il dispose de la possibilité de transmettre son exploitation ou entreprise à son conjoint, qui la dirige alors jusqu’à sa propre retraite. Dans 88,4 % des cas, cette transmission - dite transfert entre époux - s’effectue de l’homme vers la femme. » Ce phénomène était plus important dans les années 2000.

Egalité homme-femme

Les femmes en agriculture n’échappent pas aux faits de société. Toujours pour l'année 2017, la MSA précise « lorsque les revenus sont connus et qu’elles sont imposées au régime du réel, les agricultrices disposent d’un revenu professionnel agricole annuel moyen de 9 679 euros, soit 29% inférieur à celui des agriculteurs (13 658 euros). » Près d’une femme cheffe d’exploitation sur deux (42%) a un revenu professionnel agricole éligible aux mesures de soutien instaurées pour répondre aux crises agricoles. Enfin, d’après les déclarations des femmes lors du recensement agricole, la MSA estime qu’elles sont 140 300 à ne pas avoir de statut de non salarié agricole mais sont néanmoins « incontournables » dans la gestion de l’exploitation.

Sur le même sujet

Commentaires 1

Beau

Pour que les agricultrices soient mieux reconnues, il serait souhaitable que nos grandes coopératives, elles-mêmes dirigées pratiquement exclusivement par des hommes, souvent ambitieux, montrent l'exemple: dans les conseils d'administration il n'y a qu'une femme ou deux. Les réunions se font le mercredi jour des enfants. C'est facile d'éliminer la representation des femmes par ce simple moyen. Et pourtant, les femmes qui exercent ce métier sont: compétentes, dynamiques, impliquées dans la gestion de leur ferme. Leur participation amènerait un souffle nouveau et de nouvelles perspectives pour améliorer la ferme FRANCE.

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier