Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Lundi 27/04/2026

Biolait : « On veut étudier la possibilité qu’un produit s’appelle uniquement "Il lait là" »

Publié par Pleinchamp

Le premier collecteur de lait bio lance une étude destinée à évaluer l’opportunité d’apposer sa marque et seulement sa marque sur des produits liquides et transformés, pour créer de la valeur, diversifier les débouchés, accroître les volumes par le ralliement de nouveaux producteurs, densifier les tournées de collecte et imprimer la marque dans l’esprit des consommateurs. Verdict au printemps 2027.

En 2022, Biolait, lançait « Il lait là », le « repère des produits laitiers bio vraiment engagés ». Outre la certification AB originelle, le groupement fondé en 1994 garantissait aux consommateurs le bien-être des animaux (avec notamment 260 jours moyens de pâturage), la préservation de la biodiversité (90.000 ha de prairies, alimentation 100% française) et un prix juste payé aux 2000 éleveuses et éleveurs à l’œuvre sur les 1100 fermes adhérentes, avec le partage équitable (assorti de trois labellisations spécifiques) de tous les bénéfices de la vente de lait collecté, indépendamment de la dispersion des élevages dans 74 départements.

Maud Cloarec et Philippe Marquet, vice-présidente et président de Biolait © Biolait
Maud Cloarec et Philippe Marquet, vice-présidente et président de Biolait © Biolait

Résultats ? Entre 30 et 35 millions de litres de lait (sur les 226 millions collectés en 2025), estampillés « Il lait là » et une trentaine de produits laitiers (yaourt, fromage, beurre, crème…) arborant le même repère, le plus souvent sur des produits à marque de distributeur (Auchan, Biocoop, Coopérative U) dans le cadre de contrats tripartites, auxquels s’ajoutent les gammes de produits fabriquées et commercialisées en leur nom par les 260 adhérents du groupement transformant à la ferme. « On a 30 ans d’histoire et ça fait au moins 25 ans que Biolait se pose la question d’aller plus loin », souligne Philippe Marquet, éleveur dans la Loire et président du groupement.

Aller plus loin ? « On veut étudier la possibilité qu’un produit s’appelle uniquement « Il lait là », précise Philippe Marquet. Autrement dit, s’afficher en rayon sous marque propre et sans l’ombrelle (et l’ombre) de la marque de distributeur.

"Qu’il s’agisse de sites en propre ou en travail à façon, on ne s’interdit rien "
Environ 15% du lait collecté est embouteillé sous marque de distributeur, assortie du repère « Il lait là » © R. Lecocq
Environ 15% du lait collecté est embouteillé sous marque de distributeur, assortie du repère « Il lait là » © R. Lecocq

« L’idée, c’est de récupérer une partie de la valeur liée à la transformation et à la commercialisation des produits, et de réduire nos coûts logistiques par une implantation intelligente des sites de transformation, qu’il s’agisse de sites en propre ou en travail à façon. On ne s’interdit rien ». « On s’est beaucoup documenté », ajoute l’éleveur, faisant référence, notamment, à l’accueil, en début d’année, de représentants d’Organic Valley, la première coopérative indépendante d’agriculteurs bio aux Etats-Unis, l’équivalent américain de Biolait, premier collecteur de lait bio en France.

"Doit-on s’en tenir à ce que on sait faire très bien, c’est-à-dire être collecteur de lait et avoir un service logistique au top ?"

« Est-ce que l’on est attendu ou pas ? Faut-il développer de nouveaux produits ? Doit-on s’en tenir à ce que on sait faire très bien, c’est-à-dire être collecteur de lait et avoir un service logistique au top. On n’a pas la prétention de réinventer la roue mais il y a vraisemblablement une place pour défendre ce que nous défendons à travers Biolait et le repère « Il lait là ». C’est pour cela que le Conseil d’administration a demandé à l’Assemblée générale un vrai budget dans cette étude. Jusqu’à présent, on avait la modestie de faire des recherches sur des petits volumes. Demain, ça sera peut-être 30, 50 ou 60 millions de litres de lait bio en plus ».

"Biolait a 30 ans, c’est une structure jeune, qui attire les jeunes et qui se projette dans les 30 ans à venir"

Le groupement met en avant ses 260 producteurs transformateurs d’ores-et-déjà rompus à la valorisation de quelque 10 millions de litres de lait ou encore l’implication des éleveurs dans l’animation en GMS, éleveurs qui ne manqueraient pas d’être galvanisés par la promotion d’une marque propre.

« Depuis le début de l’année, contrairement aux années précédentes, nous avons pas mal de demandes d’adhésion, se réjouit Philippe Marquet. Biolait a 30 ans, c’est une structure jeune, qui attire les jeunes et qui se projette dans les 30 ans à venir ». Les conclusions de l’étude sont attendues pour le printemps 2027. Les adhérents trancheront « en responsabilité ».