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Jeudi 12/03/2026

Blé : les prix repartent mais les stocks pèsent

Publié par Pleinchamp

Depuis quelques jours, le cours du blé reprend de la couleur. Sur Euronext, le blé tendre évolue autour de 209 €/t, soit une hausse de 10 à 15 euros en peu de temps. Une volatilité liée aux tensions au Moyen-Orient. Mais l’offre reste abondante et les échanges internationaux stagnent.

La production mondiale de blé tendre et dur est estimée à 830 millions de tonnes pour la campagne en cours, soit près de 80 Mt de plus qu’en 2019-2020. Dans le même temps, le commerce international plafonne autour de 207 Mt, à un niveau inférieur à celui de 2023-2024. La production augmente, mais les échanges ne progressent pas au même rythme. Une partie des grains vient donc grossir les stocks de fin de campagne. Et quand les stocks montent, les prix ont du mal à grimper durablement.
Les derniers chiffres publiés par FranceAgriMer confirment cette tendance. Les exportations françaises de blé tendre hors Union européenne sont revues à la baisse pour le quatrième mois consécutif à 7,10 Mt pour 2025/26, tandis que les stocks sont relevés à 3,39 Mt contre 3,05 Mt le mois précédent.

La Russie reprend ses exportations vers l’Iran

La reprise des exportations russes vers l’Iran - troisième débouché de la Russie pour les céréales - via la mer Caspienne constitue un élément de stabilisation relative des marchés. Elle permet à la Russie de continuer à écouler ses volumes et limite sensiblement de voir Moscou casser brutalement les prix si les stocks venaient à s’accumuler. La France n’exportant pas vers l’Iran, l’impact direct reste très relatif. Toutefois, cette reprise atténue le risque d’un choc brutal sur les cours mondiaux.

Autre point d’attention : l’Ukraine

L’Ukraine, de son côté, a connu des difficultés logistiques et climatiques qui ont freiné ses exportations. Une partie des volumes pourrait rester en stock. Si ces volumes reviennent sur le marché alors que l’offre mondiale est déjà abondante, la pression sur les prix pourrait s’accentuer.

La hausse des prix comme valeur refuge

La remontée des prix ces derniers jours s’explique aussi par les marchés financiers. Les bourses actions ont reculé, certains fonds se sont repositionnés sur les matières premières, perçues comme valeurs refuge en période d’incertitude. Cependant, si la tension géopolitique redescend, les fonds financiers pourraient vendre plus rapidement. Les prix seraient donc revus à la baisse.

Voir aussi : crise au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz menace les marges des agriculteurs français

Le détroit d’Ormuz : le vrai risque ce sont les charges des exploitations

Le scénario le plus sensible concerne le détroit d’Ormuz. Une fermeture prolongée perturberait le transit d’environ 20 % du pétrole mondial, avec des tensions sur le gaz, une hausse du prix des engrais et des coûts de fret. Cela pèserait fortement sur les charges des exploitations. Pour l’instant, les prix sont momentanément soutenus par la volatilité. Les exportations russes vers l’Iran ne concernent pas directement les producteurs français et restent marginales. Mais, la fermeture à durée indéterminée du détroit d’Ormuz est une épée de Damoclès. Si les prix des engrais et de l’énergie remontaient fortement, certains producteurs pourraient réduire leurs intrants, avec un risque potentiel sur les rendements et, dans certains cas, sur la qualité des grains lors des prochaines campagnes.