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Lundi 24/08/2026
Colza : la carte qui redonne l’espoir d’en semer
L’annonce de cumuls de pluie d’au moins 20 mm annoncés dans les 10 prochains jours ouvre des fenêtres pour achever de préparer le sol et pour semer els colza. Les conseils de Terre Inovia.
Selon Aléapluie, un service développé par les instituts techniques (Acta, Arvalis, Terres Inovia, Idele) et Météo-France, qui fourit des informations sur les probabilités d'atteindre un certain seuil de cumul de précipitation sur les deux semaines à venir sous forme de cartes, à l'échelle de la métropole française, la probabilité est forte que l’ensemble de l’Hexagone reçoive au moins 20 mm de pluie d’ici à tout débit septembre. « Dans les situations de sol préparé, ces pluies seront suffisantes pour faire lever les colzas », indique Terres Inovia qui estime toutefois que « l’obtention d’un « colza robuste » sera certainement plus compliquée cette année du fait d’une date de semis plus tardive ».
Dans le cas des parcelles non travaillées
L’institut technique recommande d'adapter la profondeur et le type de travail du sol en fonction de la quantité de pluie obtenue. Un cumul de 20mm permettra de réaliser une préparation superficielle sur 10cm afin d'obtenir un lit de semence pour semer entre deux épisodes pluvieux. Dans d’autres situations, les travaux profonds seront plus difficiles à mettre en œuvre, faisant courir le risque de remontée de mottes et d’assèchement). Dans le cas des parcelles présentant des tassements marqués, la fissuration, qui bouleverse moins le sol peut être une alternative.
Gestion des adventices : napropamide et d’anti-graminées foliaires
Avec les cumuls de pluie annoncés, l’incorporation de la napropamide n’est pas à remettre en cause, surtout dans les parcelles concernées par de fortes infestations en graminées. Les applications d’herbicides de post-semis ou de post-levée (à base de métazachlore seul ou associé) pourront être réalisées en cohérence avec vos programmes.
En ce qui concerne la gestion précoce des repousses de céréales, d’autant plus concurrentielles qu’aucune levée n’a été possible avant les semis du colza Terre Inovia recommande de privilégier les applications d’anti-graminées foliaires, les herbicides racinaires présentant une efficacité insuffisante (environ 30%).
Gestion des insectes sur la phase levée : surveiller d’abord les petites altises
La surveillance des petites altises devra être une priorité dès la levée des colzas. Concernant les grosses altises, si la levée est observée avant le 1er septembre, le stade 4 feuilles a de fortes chances d’être atteint avant l’arrivée des grosses altises adultes (15-20 septembre), ce qui limite le risque, notamment dans les secteurs à résistance S-KDR. Il faudra malgré tout être vigilant vis-à-vis de ce ravageur car les colzas issus de levées tardives (début septembre) présentent moins de surface foliaire pour diluer la pression par rapport à des plantes levées plus précocement (mi à fin août). D’autres ravageurs type « défoliateur » devront faire l’objet d’une grande attention dans le cas de levées poussives (limaces, tenthrèdes, criquets…).
Gestion de la nutrition des plantes : localiser ou pas, respecter la loi
La localisation de phosphore et/ou d’azote reste possible en fonction des types de sol. Dans les stratégies de limitation des charges, il est possible de ne localiser que le phosphore au semis et de reporter les apports d’azote en végétation en fonction de la dynamique de la culture et des modalités de la directive nitrates dans vos régions. Cependant, plus le semis sera tardif, moins les apports en végétation seront justifiés sur le plan technico-économique. Reportez-vous impérativement aux textes réglementaires en vigueur dans votre situation, en matière d’apports azotés au semis ou en végétation à l’automne.
Dans les secteurs à résistance S-KDR et en sols superficiels, le soutien de la croissance automnale des colzas est un enjeu fort pour atténuer l’impact des larves de grosses altises et des charançons du bourgeon terminal.
Plantes compagnes : possible jusqu’à fin août
L’ajout de plantes compagnes gélives (essentiellement des légumineuses) reste possible jusqu’à fin août. Au-delà, leur développement ne sera pas suffisant pour justifier leur semis (objectif de biomasse de 300 g minimum par m² en entrée d’hiver). Cette technique participe à lutter contre les insectes (effet de leurre, de confusion, …) et à soutenir la croissance des colzas à l’automne (augmentation de la teneur en azote des plantes). Dans ces situations, privilégier des applications herbicides de post-levée suffisamment sélectives vis-à-vis de ces espèces associées. Réserver les applications de napropamide uniquement pour les cas de colzas associés à la féverole et/ou à la vesce.

