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Mercredi 02/09/2026
Colza : les points de vigilance après les semis
Si les pluies de la dernière décade du mois d’août ont permis de déclencher massivement les semis, Terres Inovia appelle les producteurs à la vigilance en matière de désherbage, de fertilisation et de protection.
Providentielles : l’adjectif n’est pas exagéré pour qualifier les pluies qui ont arrosé l’Hexagone au cours dernière décade du mois d’août, après des mois de pépie, menaçant de faire « crever » de soif territoires, filières et exploitations.
« Les pluies significatives observées depuis 1 à 2 semaines ont été salutaires pour les semis de colzas. Toutefois, tous les secteurs n’ont pas été généreusement arrosés et le bilan des implantations ne pourra être fait qu’au début de l’automne », met en garde Terres Inovia, qui liste quatre points de vigilance.
Graminées : la réactivité de mise
En forte infestation, les stratégies herbicides basées sur la napropamide incorporée avant semis ou un chloroacétamide en post-semis-prélevée étaient fortement recommandées. Si cette option n’a pas été choisie, un report en postlevée très précoce est possible sur un sol réhumecté avant la levée des graminées. Plusieurs produits peuvent alors être utilisés (ex : Butisan S, Sultan, Springbok, Alabama, Novall ou Anitop). Les pluies vont favoriser des levées rapides de ray-grass : il est indispensable de saisir le créneau restreint d’intervention. Sur vulpin, les efficacités en post levée chutent moins rapidement que pour le ray-grass. Mais le positionnement reste tactique.
Repousses de céréales : gare à la concurrence
Faute d’avoir levées pendant la période d’interculture, les repousses de céréales risquent d’être nombreuses et de fortement concurrencer les colzas qui n’en ont pas besoin dans ce contexte de début de campagne difficile. À partir de 5 à 10 repousses/m², une intervention est souvent nécessaire. L’orge est généralement plus concurrentielle que le blé. Dès une feuille et avant tallage, privilégier un antigraminées foliaire de type « fop ». Intervenir sur des plantes poussantes. Réserver la cléthodime aux situations conjuguant repousses et forte pression graminées.
Apport d’azote : avec circonspection
L’apport d’engrais azoté en végétation permet de soutenir la croissance du colza pour le rendre moins sensible aux dégâts des ravageurs. Ce levier reste pertinent dans le contexte de l’année dans les petites terres avec un risque ravageurs important. Toutefois, l’azote ne fera pas de miracle dans les situations trop handicapées et l’utilisation de ce levier reste contraint par les réglementations régionales. Il est donc essentiel de cibler les situations pertinentes pour satisfaire les exigences techniques, économiques et réglementaires.
Repousses (voisines) de colza : ne pas y toucher
Les repousses de colza lèvent à peine maintenant. Leur destruction pendant la phase sensible des colzas en cours de levée peut provoquer une migration brutale des petites altises vers les parcelles cultivées. Dans les conditions de l’année (levée tardive de repousses), le maintien des repousses contribue également à répartir et à diluer potentiellement les populations de grosses altises à l’échelle du paysage. Dans la mesure du possible, conserver ces repousses jusqu’à l’approche du semis des céréales.
Ravageurs : l’œil sur les cuvettes
Les levées après le 1er septembre sont à surveiller de près car les plantes sont plus sensibles aux déprédations des ravageurs de début de cycle. Installer une cuvette jaune enterrée dès le semis. Suivre les captures, la proportion de plantes mordues, la surface foliaire détruite et la vitesse d’émission de nouvelles feuilles. Jusqu’à 4 feuilles, une intervention contre les altises (petites ou grosses) ne se justifie que si la survie de la culture est engagée. Les dégâts peuvent s’accumuler rapidement, passez très régulièrement dans les parcelles et ouvrez l’œil.
