- Accueil
- Empreinte énergétique de 1000 fermes françaises : mieux comprendre pour mieux agir
Lundi 23/03/2026
Empreinte énergétique de 1000 fermes françaises : mieux comprendre pour mieux agir
Lancé fin 2024, le programme Fabacéé accompagne 3000 exploitations agricoles vers une réduction de 15% de leurs consommations énergétiques.
La première phase de l’accompagnement proposé par le programme consiste en un diagnostic précis des consommations d’énergie directes (GNR, électricité, gaz) et indirectes (intrants, notamment engrais, et alimentation du bétail).
1000 des 3000 diagnostics énergétiques ont été réalisés et analysés par Fabacéé qui dévoile un premier baromètre du bilan énergétique de ces fermes françaises. Retrouvez dans cet article les principaux enseignements tirés de cette étude.
L’énergie pèse sur les charges des exploitations
Ces consommations se répartissent entre énergies directes (GNR et électricité principalement) qui représentent 51 % du total, et énergies indirectes (engrais minéraux et alimentation du bétail) qui en constituent 49 %. Cette répartition met en lumière à la fois le poids souvent méconnu des énergies indirectes dans la facture énergétique totale des exploitations, mais aussi la forte dépendance des fermes françaises aux produits pétroliers et aux énergies fossiles. Une situation d’autant plus préoccupante face à la volatilité des coûts de ces énergies fortement soumises au contexte géopolitique.
À travers cet échantillon de 1000 exploitations, on constate des résultats sensiblement variables selon les systèmes de production. Fortement représentés dans ce premier tiers des exploitations agricoles accompagnées dans le cadre du programme, un focus est proposé sur trois types d'exploitations : grandes cultures, bovins lait et viticulture.
Grandes cultures : les engrais comme principal poste de consommation
Les exploitations en grandes cultures présentent les niveaux de consommation les plus élevés, avec 780 000 kWh par an en moyenne. C’est deux fois plus que les élevages bovins-laitiers. Les engrais minéraux représentent 50 % de cette consommation, devant le GNR (23 %).
Dans le cadre du programme, les leviers les plus fréquemment retenus dans les plans d'action des groupes d’agriculteurs permettraient d’économiser en moyenne 15% des consommations et portent sur l'optimisation des consommations de GNR (réduction du travail du sol, éco-conduite, passage au Banc d'Essai Moteur) et sur la maîtrise des apports en engrais azotés (pilotage de la fertilisation, introduction de couverts végétaux et de légumineuses).
Élevage bovin-lait : GNR, alimentation et engrais en tête
Une exploitation laitière consomme en moyenne 350 000 kWh par an, pour une dépense annuelle estimée à 38 500 euros. Le GNR constitue le premier poste (34 %), suivi de l'alimentation du bétail (29 %) et des engrais (17 %).
Les plans d'action élaborés avec les groupes d'agriculteurs du programme permettent d'envisager en moyenne 11 % d'économies d'énergie, une économie estimée à 92 €/ha. Les leviers les plus mobilisés concernent la maîtrise du carburant, le pilotage de la fertilisation azotée et la réduction des consommations d’électricité liées au bloc traite.
Viticulture : une consommation concentrée sur le carburant
Les exploitations viticoles présentent une consommation moyenne de 90 000 kWh par an, constituée à 37 % par le GNR lié aux opérations mécaniques de travail du sol et de traitement. Les plans d'action permettent d'atteindre en moyenne 11 % d'économies, concentrées à 74 % sur le poste carburant.
Cumulés, les 1 000 premiers plans d'action représentent une économie totale de 0,32 TWhc, soit l'équivalent de 5 % de la production annuelle d'un réacteur nucléaire français, et 25 % de l'objectif global d'économies d'énergie du programme d'ici fin 2027. En moyenne, ces 1000 premières exploitations agricoles diagnostiquées envisagent de réduire leur consommation de 10% d’ici à fin 2027. La bonne nouvelle, c’est que même les exploitations déjà engagées dans une démarche d’optimisation énergétique parviennent à viser cet objectif.
Pour revoir intégralement la conférence de présentation de ce baromètre organisée dans le cadre du Salon de l’agriculture, visionnez le replay :
