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Mardi 10/02/2026

En 2026, la vaccination contre la DNC reconduite dans les mêmes zones qu’en 2025

Une « large majorité » de membres du « Parlement sanitaire » s’est prononcée en faveur du renouvellement de la vaccination dans les zones concernées par la maladie en 2025. Elle y sera obligatoire et gratuite. La Confédération paysanne demeure critique.

« Comme en 2025, et afin de conserver une longueur d'avance sur le virus, nous avons décidé de revacciner les bovins situés dans les zones réglementées et vaccinales. Il s'agit de protéger le cheptel français, de faciliter les montées en estive prochaines, et de continuer à endiguer le virus. L'Etat prendra en charge la totalité des coûts ». C’est ce qu’a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur le réseau X à l’issue de la séance plénière du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) qui s’est tenue le 9 février, la 5ème dédiée à la DNC depuis l’irruption de la maladie en Savoie le 29 juin 2025.

Zones réglementées et vaccinales en date du 3 février 2026 (Source : ministère de l’Agriculture)
Zones réglementées et vaccinales en date du 3 février 2026 (Source : ministère de l’Agriculture)

Les autorités avaient préalablement présenté aux membres du CNOPSAV trois scénarios possibles, à savoir l’arrêt de la vaccination, la poursuite de la vaccination dans les zones déjà concernées, ou encore l’extension de la vaccination à tout le territoire de France continentale. « A l’issue des échanges, une large majorité des participants s’est prononcée en faveur du renouvellement de la vaccination dans les zones concernées par la maladie en 2025 » indique le ministère dans un communiqué. qui précise que les chantiers de vaccination vont être lancés « rapidement, en lien avec les acteurs de terrain pour convenir des modalités de déploiement ».

"La stratégie conduite jusqu'ici est efficace"

Le fait que l’immunité des animaux vaccinés soit acquise pour une durée minimale de 12 mois permet d’envisager une montée en charge progressive de la vaccination. Depuis son démarrage en juillet 2025, 2 millions de bovins ont été vaccinés, dont 700.000 dans les 10 départements du Sud-Ouest où la vaccination préventive a été déclenchée en décembre dernier, après l’irruption de plusieurs foyers en Ariège, dans l’Aude, en Haute-Garonne ou encore dans les Pyrénées-Orientales et où l’immunité collective est désormais atteinte.

Au total, 117 foyers ont été recensés depuis juin 2025, le dernier remontant au 2 janvier dans l’Ariège, il y a plus de cinq semaines. « La stratégie conduite jusqu'ici est, en effet, efficace : 2 millions de bovins vaccinés, aucun foyer depuis le 2 janvier, et une reprise des mouvements d'animaux et des exportations. C'est le fruit de l'engagement plein et entier des vétérinaires, des éleveurs, et des agents de l'Etat, que je veux remercier » se félicite la ministre de l’Agriculture.

La Conf’ critique

La Confédération paysanne, qui s’est réjouie du fait que les règles de fonctionnement du CNOPSAV sont désormais « respectées » et que « la FNSEA ne dispose plus de droits de votes supplémentaires » n’a pour autant pas pris part au vote, estimant le débat « biaisé d’avance ». La Conf’ réclame toujours la fin de l’abattage total des troupeaux infectés (3500 animaux ont été abattus depuis le 29 juin) et désespère un « travail diplomatique » de la France au niveau européen pour faire évoluer le statut de le DNC, classée A, donc à éradication obligatoire. Elle dénonce par ailleurs le non-sens de certaines règles de mouvement des animaux vaccinés. « Pourquoi l'export d'un animal immunisé depuis une zone vaccinale est soumis à restrictions, alors qu'il suffit de le faire transiter en zone indemne pour qu'il soit accepté par les importateurs étrangers ? ». Elle dénonce par ailleurs un choix « binaire » entre « vaccination obligatoire » ou « vaccination interdite », qui selon elle est un « exemple supplémentaire de politique sanitaire autoritaire, qui électrise les débats au détriment de l’appropriation collective des enjeux sanitaires dans un souci de protection collective et individuelle des troupeaux ».