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Mardi 17/02/2026

Face au loup, le gouvernement montre les crocs

Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont confirmé la possibilité d’abattre un loup sans condition de protection préalable tandis que le plafond de tir sera relevé de 19 à 21%, voire 23%. Décrets et loi d’urgence sont dans le viseur du gouvernement.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard et Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, se sont rendus lundi en Haute-Marne où les attaques de loup se multiplient, et font de ce département le plus prédaté en zone de plaine.

"Le loup restera une espèce protégée, mais sa présence ne doit pas signer la fin de l'élevage de plein air"

En un an, le nombre de bêtes attaquées est passé de 53 à plus de 800, 56 exploitations et 40 communes sont directement touchées, selon le décompte du ministère de la Transition écologique. « Le loup restera une espèce protégée, mais sa présence ne doit pas signer la fin de l'élevage de plein air, a déclaré Mathieu Lefèvre sur le réseau X. L’État prend ses responsabilités pour concilier la viabilité de l’espèce avec la pérennité de nos exploitations agricoles. Protéger l'un ne doit pas signifier sacrifier l'autre : il faut rétablir un équilibre là où la pression est devenue insupportable ». « Je ne laisserai jamais les éleveurs seuls face au loup » a de son côté déclaré Annie Genevard.

Les évolutions attendues

Les ministres ont fait plusieurs annonces à commencer par le relèvement du plafond de tir de 19% à 21%, +2% le cas échéant déclenchable en fin d’année. En 2026, le nombre de loups prélevés pourra s’élever au maximum à 248 contre 192 en 2025.

Par ailleurs, avec la fin du « préalable de protection », les éleveurs auront droit au tir de défense pour défendre leur troupeau, même sans protection. Les battues, la brigade mobile d’intervention (BMI) contre les grands prédateurs et les louvetiers pourront également intervenir même sur les élevages non protégés. « C'est crucial pour les zones de colonisation récentes » a écrit Mathieu Lefèvre, qui promet également un « choc de simplification », en référence au passage au régime déclaratif, en lieu et place de l’autorisation préalable.La profession agricole sera désormais associée en conseil auprès de la BMI. Enfin en ce qui concerne les indemnisations, en zone de front (cercle 2), après deux attaques, l'indemnisation est maintenue si l'éleveur prouve qu'il a engagé des démarches de protection.

Le calendrier et les véhicules réglementaires

Ces différentes annonces seront traduites dans des décrets à paraître d’ici à la fin du mois de février sinon dans la future loi d’urgence agricole annoncée le 13 janvier par le Premier ministreet dont les grandes lignes, axées sur l’eau, les moyens de production et la prédation, devraient être dévoilées au Salon de l’agriculture.