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Jeudi 07/05/2026

Février inondé, avril asséché : l'agriculture face aux extrêmes climatiques

Publié par Pleinchamp

[Edito] Après des précipitations record en février, la France a fait face à une sécheresse précoce en avril. Cette succession rapide d'extrêmes climatiques pose des défis majeurs à l'agriculture et appelle à une adaptation globale du secteur.

En seulement quelques semaines, la France a connu un revirement météorologique vertigineux. Après des précipitations record (40 jours consécutifs de pluie enregistrés entre le 14 janvier et le 22 février 2026, la série la plus longue depuis le début des mesures en 1959) des inondations d’ampleur et des niveaux de saturation des sols jamais atteints à l’échelle nationale, le pays a connu, un mois et demi plus tard, des conditions sèches durables, entraînant un assèchement rapide et préoccupant des sols superficiels.

Le mois d’avril s’est terminé avec un déficit pluviométrique de 70% et une température moyenne supérieure de 2,3°C aux normales, ce qui le classe au 4e rang des mois d’avril les moins arrosés et au 3e rang des mois d’avril les plus chauds.

Illustration du réchauffement climatique

Cette bascule soudaine illustre bien la réalité liée au réchauffement climatique : les extrêmes ne se succèdent plus progressivement, ils s'entrechoquent sans transition.

En cette période cruciale de début de saison agricole, et alors que de nombreux médias continuaient de célébrer « le beau temps », il n’est tombé que 20 mm de pluie sur certaines régions, mettant à mal les semis, les épandages d’engrais et les prairies qui avaient particulièrement bien démarré cette année. Les températures élevées et la reprise de la végétation ont drastiquement accéléré l'évapotranspiration. La situation des nappes phréatiques, qui était encore satisfaisante à la mi-avril, sera scrutée de près dans les prochains jours.

Des solutions multiples

La boîte à outils pour adapter l’agriculture aux conséquences du réchauffement climatique existe : amélioration de la rétention d'eau dans les sols, sélection de variétés plus résilientes, gestion optimisée de l’herbe et des troupeaux... pour n’en citer qu’une infime partie. Les solutions sont connues et testées, mais elles demandent de l'investissement, de la formation et de la volonté politique.

Sécuriser l'accès à l'eau est un point central, sur lequel le gouvernement a affiché sa volonté de « libérer les projets hydrauliques » sur le territoire. Le projet de loi d’urgence agricole, élaboré à la suite des manifestations de cet hiver, vise à accélérer les projets d’ouvrages de stockage de l’eau, grâce à des démarches simplifiées de participation du public. Il sera débattu à partir du 19 mai à l’Assemblée nationale, où les débats seront sans nul doute tendus.

Reste que les projets hydrauliques seuls ne suffiront pas. Une stratégie globale est nécessaire, incluant le développement et la sécurisation de nouveaux débouchés, ainsi que la possibilité financière pour les agriculteurs de mettre en place de nouvelles pratiques permettant l’adaptation de leurs exploitations au réchauffement climatique.