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Mardi 05/05/2026
En avril, un déficit de 70% de précipitations et des sols secs comme en juin
Les cumuls pluviométriques de la première décade de mai pourraient effacer la sécheresse de surface, problématique pour la croissance des céréales et la levée des semis de printemps. « La situation fin avril ne présage en rien de ce qu’il en sera cet été », indique Météo-France.
« A l’échelle du mois et du pays, le déficit de précipitations atteint près de 70%. Avril 2026 se classe ainsi au 4ème rang des mois d’avril les moins arrosés depuis le début des mesures en 1959, derrière avril 1982, 1984 et 2011 ». Tel est le constat dressé par Météo-France dans son bilan climatique d’avril 2026, qui fait par ailleurs état d’une température supérieure à la normale de +2.3°C, classant avril 2026 au 3ème rang des mois d’avril les plus chauds depuis 1900, ex-aequo avec avril 2020, derrière avril 2007 et 2011.
En outre, sur les départements de l’Aisne, des Hauts-de-Seine, de la Marne, de la Seine-et-Marne, de l’Yonne, de la Nièvre et du Var, avril 2026 est le moins arrosé depuis le début des mesures.
Le déficit du mois d’avril a-t-il effacé les 40 jours consécutifs de pluie enregistrés entre le 14 janvier et le 22 février 2026, la série la plus longue depuis le début des mesures en 1959 ? Une chose est sûre : les nappes phréatiques en ont profité à plein mais il n’empêche qu’en surface, en ce début mai, « les sols sont en moyenne très secs sur la France et correspondent à ce qu’on devrait traditionnellement observer au cours du mois de juin », relève Météo-France.
Quelles incidences agronomiques ?
Si la situation perdurait, elle serait est susceptible d’altérer la croissance des céréales, sous le double effet du manque d’eau et de la perte d’efficiences des apports azotés. Selon le dernier rapport CéréObs’ de FranceAgriMer, les conditions se sont légèrement dégradées entre la semaine 16 (13-19 avril) et la semaine 17 (20-26 avril). Mais elles demeurent cependant très favorables. Ainsi, 81% des surfaces de blé tendre sont ainsi jugées bonnes ou très bonnes, contre 83% une semaine auparavant, et 6% mauvaises ou très mauvaises (contre 4%). Il en va de même pour les orges d’hiver et de printemps, ainsi que pour le blé dur, dont le pourcentage de classe « bon ou très bon » passe de 81% à 72%. A titre indicatif, en 2025, et pour la période du 22 au 28 avril, cette classe situait à respectivement 74% et 76% pour le blé tendre et le blé dur.
En maïs, « des conditions sèches peuvent entraîner des hétérogénéités de levées, préjudiciables pour la suite », relève Arvalis. En betteraves sucrières, dans son point de situation daté du 28 avril, l’ITB ne fait pas état de difficultés particulières en matière de préparation de sol, de semis et de levée. Enfin en ce qui concerne les prairies, la première estimation d’Agreste, datant du 20 avril, faisait état du meilleur début de campagne depuis 1989, avec une production cumulée des prairies permanentes supérieure de 53% à celle observée à cette date durant la période de référence 1989-2018. « Alors qu’habituellement 20% de la pousse annuelle est réalisée au 20 avril, cette proportion atteint déjà 31% cette année », relevait le service statistique du ministère de l’Agriculture.
Des précipitations bienvenues
« La situation fin avril ne présage en rien de ce qu’il en sera cet été », indique Météo-France, qui a en mémoire les années 2020 et 2021, marquées par des sols très humides en hiver. L’hiver 2020 avait été suivi d’un très net assèchement au printemps avant un été pluvieux et les sols s’étaient considérablement réhumidifiés pour atteindre des niveaux inédits au mois de juillet. A contrario, 2020 avait connu des sols très secs en fin d’été et au début de l’automne. Au cours de la première décade de mai, « les cumuls pluviométriques atteindront souvent de 50 à 80 mm sur la plupart de nos régions, voire davantage sous les orages les plus forts, notamment sur la moitié sud, indiquait dans sa dernière chronique Nicolas le Friant, expert météo. La sécheresse de surface s’effacera quasiment partout, hormis peut-être des Hauts-de-France à l’Alsace, qui resteront en marge des salves orageuses les plus intenses ».

