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Vendredi 10/04/2026

La filière laitière réclame la réouverture de négociations déjà dépassées par la flambée des charges

Publié par Pleinchamp

À peine bouclées, déjà remises en question. Les négociations commerciales sur les grandes marques nationales du secteur laitier n’auront pas résisté longtemps à la flambée des coûts de l’énergie. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de forte volatilité des marchés, les coopératives laitières demandent la réouverture des discussions avec la grande distribution.

La hausse rapide du prix du gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des exploitations, alourdit considérablement les charges et fragilise directement les trésoreries : + 50 centimes par litre, soit environ 11,5 euros supplémentaires pour 1 000 litres de lait. Dès lors, « les conditions dans lesquelles se sont conclues les négociations commerciales sur les marques ne permettent déjà plus de faire face aux réalités économiques actuelles. La hausse des coûts de production des produits laitiers impose leur réouverture », alerte Pascal Lebrun, président de La coopération laitière.

Des négociations qui ne correspondent plus à la réalité

Du côté de la transformation, la flambée des coûts énergétiques et des matières premières se conjugue à des difficultés d’accès à certains marchés à l’export. Résultat : c’est toute la chaîne de valeur qui se retrouve sous tension. Pour la filière, les conditions négociées ces dernières semaines ne reflètent déjà plus la réalité économique, alors même que le calendrier commercial est verrouillé. En effet, les grilles tarifaires ont été négociées avant le début des bombardements en Iran. D’où leur appel à rouvrir les discussions, afin d’intégrer ces évolutions rapides sur les prix.

Le spectre de nouvelles tensions sur les MDD

À cette situation s’ajoute une autre source d’inquiétude : l’ouverture prochaine des négociations sur les marques de distributeurs (MDD). Traditionnellement plus tendues, ces discussions pourraient raviver les crispations survenues sur les marques nationales. La grande distribution avait évoqué des hausses de prix entre 0 et 1,5 % selon les enseignes, jugées insuffisantes par les industriels pour couvrir leurs coûts de production.

La filière lait appelle donc les enseignes à faire preuve de responsabilité et à engager un dialogue équilibré, en prenant en compte le surcoût des charges, afin « d’assurer la compétitivité des coopératives laitières et la pérennité des exploitations de leurs associés coopérateurs (...) une condition essentielle pour préserver notre production issue des territoires français et accompagner les transitions », conclut le Président.