Le Plan de relance, une cuve à moitié pleine pour les concessionnaires - Pleinchamp

Le Plan de relance, une cuve à moitié pleine pour les concessionnaires

Le Sedima estime que les subventions accordées aux pulvérisateurs seront en partie oblitérées par la baisse de la valeur de reprise. Les concessionnaires plaidaient pour l’éligibilité de kits de mises à niveau des appareils en parc, incluant la main d'oeuvre. Ils saluent en revanche l’aide aux matériels de substitution aux produits phytosanitaires.

« Pour nous concessionnaires, le dispositif introduit une distorsion de concurrence par rapport au matériel d’occasion. Il va aussi avoir pour effet de déprécier la valeur de reprise des pulvérisateurs ne répondant pas aux nouvelles normes, ce qui va faire perdre aux acheteurs une partie du bénéfice de l’opération ». A l’occasion d'une conférence presse, Pierre Prim, le président du Syndicat national des entreprises de services et distribution du machinisme agricole, d’espaces verts et des métiers spécialisés (Sedima) n’a pas ménagé ses critiques à l’égard du Plan de relance, qui flèche 215 millions d'euros vers les agroéquipements porteurs de transition agroécologique.

« En équipant les pulvérisateurs en parc d’une coupure de section ou d’un système de suivi de rampe, moyennant quelques milliers d’euros, on aurait pu mettre à niveau de nombreux appareils et avoir un impact plus significatif sur la réduction des produits phytosanitaires qu’en soutenant l’achat d’appareils neufs de 80.000 euros et plus, poursuit Pierre Prim. Malheureusement, les frais de main d’œuvre ne sont pas pris en compte par le dispositif ». Le Sedima ne désespère pas de voir FranceAgriMer, chargé d’étudier les dossiers, faire preuve de diligence le moment venu.

Les aides publiques, des effets négatifs....

Les critiques à l’égard des mesures de soutien direct à l’investissement dans l’agroéquipement ne sont pas  nouvelles. Entre avril 2015 et avril 2017, une certaine loi Macron avait permis de sur-amortir de 40 % l’achat d’un bien productif, un dispositif au spectre très large, tant du point de vue des catégories de matériels éligibles, que des formes d’achat (crédit amortissable, crédit-bail, location avec option d’achat). La mesure avait généré quelques effets pervers : afflux de commandes, délais de livraison, stock d’occasions récentes, fragilisation des trésoreries...

Selon le Sedima, l’Administration est restée sourde aux alertes des distributeurs, qui assimilent le Plan de relance à un plan de soutien à l’industrie. « En espérant qu’il profite aux constructeurs français », précise Anne Fradier, secrétaire générale du syndicat.

... mais aussi positifs

Le volet agroéquipement du Plan de relance ne se réduit pas à la rénovation du parc de pulvérisateurs. Il cible aussi toute une panoplie de matériels destinés à offrir un substitut aux produits phytosanitaires et notamment aux herbicides. « J’espère que les matériels alternatifs concentreront l’attention des agriculteurs, déclare Pierre Prim. Cette mesure est susceptible d’intéresser autant les bio que les conventionnels, dans un objectif commun de réduction d’usage des produits phytosanitaires. Il y a beaucoup d’innovation dans ce domaine avec des solutions parfois hors de portée financière pour les agriculteurs. Certaines d’entre elles doivent encore se confronter à la réalité du terrain pour que l'on puisse jauger de leur intérêt technico-économique ».