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Vendredi 07/08/2026
Moisson 2026 : vers des rendements du maïs grain équivalents à ceux du blé tendre
Le rendement moyen du maïs s’établirait à 70,3q/ha contre 69,2q/ha pour le blé tendre, avec une prime à l’irrigué, pointant à 99,8q/ha contre 59,3q/ha en sec. À 18,1q/ha, le rendement moyen du tournesol serait le plus faible depuis au moins 1980.
Le couperet vient de tomber et il est sans surprise. « En 2026, la récolte française de maïs grain, y compris semences, est estimée à 9,0 Mt. Il pourrait s’agir du niveau de production le plus bas depuis 1980. Elle reculerait de 35 % sur un an, sous l’effet cumulé de la baisse de la sole et de celle du rendement moyen, évalué à seulement 70,3 q/ha », indique le service statistique du ministère de l’Agriculture selon ses estimations arrêtées au 1er août.
Sans surprise parce que la sécheresse, induite par quatre vagues de chaleur en l’espace de deux mois, a très vite hypothéqué le potentiel. Depuis juin, le nombre de départements classés pour tout ou partie au niveau d’alerte « crise » ne cesse de grimper (restreignant l’irrigation), passant d’une vingtaine à la mi-juin à 67 en date du 5 août. Ainsi, alors que les surfaces ont baissé de 20,6% (à 1,28Mha), la production a baissé de 35,3% sur un an (à 9,0Mt) et le rendement de 18,5% sur un an (à 70,3q/ha). La chute est plus brutale pour le maïs non irrigué (59,3q/ha, -23,0%), qui couvre 58,2% de la sole, que pour l’irrigué (99,8q/ha, -10,9%), couvrant 28,8% de la sole, le solde étant le fait de la semence et du maïs grain humide.
Le maïs ensilage n’est guère mieux loti, avec un rendement moyen estimé à 9,8t/ha, en chute de 24,2% sur un an, les surfaces baissant de 3,2% (à 1,15Mha).
Même le sorgho grain est en souffrance, avec un rendement estimé à 37,9q/ha (contre 42,3q/ha en 2025), avec en prime des surfaces en chute (34.000ha contre 63.000ha).
Les autres cultures d’été à l’avenant
Si le tournesol sauve les capitules, avec une production stable sur un an et estimée à 1,4Mt, il le doit à la progression des surfaces (777.000ha, +13,4%), le rendement tombant à tombant à 18,1q/ha, « niveau qui, s’il se confirme, serait le plus faible depuis au moins 1980 », selon Agreste.
Le soja voit son rendement moyen chuter de 26,4q/ha en 2025 à 19,3q/ha en 2026 et la production de 396.000t à 301.000t, les surfaces progressant de 4% à 156.000ha.
En pomme de terre, Agreste prédit « un rendement moyen qui pourrait être un peu inférieur à 40 t/ha, l’un des plus faibles depuis 1996 ». Ainsi, la production de pommes de terre de conservation et demi-saison, attendue à 6,5 Mt, reculerait de 22% par rapport au niveau record de 2025, sous l’effet conjoint d’une baisse des surfaces cultivées (-14%) et des rendements (-9%).
Il faudra attendre quelques semaines pour savoir comment les betteraves sucrières encaissent la sécheresse, la sole étant estimée à 373.000ha, en baisse de 6,3% sur un.
Les cultures d’hiver sauvegardées
Malgré des baisses de rendement sur un an (69,2q/ha en blé tendre, 51,7q/ha en blé dur, 62,3q/ha en orge) et des cours atones, les cultures d’hiver permettront de limiter la casse. Selon Agreste, la production de céréales à pailles (orge de printemps comprise) s’élèverait à 46,1Mt (dont 31,9Mt de blé tendre et 11,0Mt d’orges), en baisse de 5% sur un an.
Le colza est un peu mieux loti du point de vue des cours mais le rendement moyen s’affiche également en baisse (31,1q/ha contre 36,6q/ha). La hausse de surfaces (1,42Mha, +12,4%) porte la production à 4,7Mt.

