- Accueil
- Sécheresse en Europe : Bruxelles à court de moyens
Mercredi 02/09/2026
Sécheresse en Europe : Bruxelles à court de moyens
Après une sécheresse historique, l'Union européenne se retrouve sous pression pour aider le secteur agricole, mais la réserve destinée aux situations de crise est déjà vide et Bruxelles ne promet pas de moyens supplémentaires à ce stade.
Christophe Hansen, le commissaire européen à l'Agriculture, a échangé mardi 1er septembre avec les organisations syndicales pour recueillir leurs doléances après ces canicules successives. Puis en début de semaine prochaine, les ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept se retrouveront pour une réunion à Dublin où cette nouvelle crise devrait occuper une large part de l'agenda.
Du concret et du rapide, c'est ce que demandent les agriculteurs suspendus aux annonces des gouvernements nationaux ou de l'Union européenne.
Mais côté Bruxelles, il y a un problème de moyens. Car l'UE a déjà vidé sa réserve de crise de l'année 2026 au printemps en promettant aux agriculteurs 500 millions d'euros pour faire face à l'envolée du prix des engrais, liée à la guerre au Moyen-Orient. En interne, le commissaire Christophe Hansen avait d'ailleurs dû se battre pour obtenir ces fonds.
Sur le papier, il n'y a donc plus d'argent européen disponible, d'autant que les États membres sont en pleines négociations du futur budget 2028-2034, dont celui de la prochaine politique agricole commune (PAC), avec la traditionnelle bataille entre les États « frugaux » comme l'Allemagne et ceux plus dépensiers comme la France.
L'UE « dans la nasse » budgétaire
En l'état, la réserve de crise agricole de l'UE est « sous-dimensionnée et petit bras », peste Luc Vernet, du think tank Farm Europe, proche des grands syndicats agricoles.
L'Union européenne est « dans la nasse » budgétaire et « gère les urgences au jour le jour », regrette ce spécialiste, alors que le « défi de l'eau touche des régions qui n'étaient pas touchées jusqu'ici et nécessite une réponse structurelle ».
Mardi, après la réunion avec les organisations agricoles, l'Union européenne n'a pas fait de grandes annonces, mais a énuméré des mesures existantes et des « flexibilités déjà disponibles dans le cadre de la PAC » pour un « soutien à court terme ». « Ces dispositions ont été détaillées dans une lettre adressée aux États membres », indique la Commission européenne.
Les syndicats agricoles jugent les mesures insuffisantes
Le Copa Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens, a jugé « insuffisantes » ces mesures qui « relèvent essentiellement du niveau national ou régional ». Il demande donc « une réponse européenne forte » dont un « soutien immédiat à la trésorerie des exploitations, une utilisation plus souple des instruments de la PAC » et « des investissements accrus dans l'adaptation au changement climatique ».
Selon cette organisation, les pays particulièrement touchés par cette nouvelle crise sont la Slovénie, l'Autriche, la France et l'Italie, notamment pour le maïs, avec des pertes pouvant aller jusqu'à 70% dans certaines zones non irriguées.
>> A lire aussi : Blé et maïs : comment la sécheresse réorganise les marchés européens
La France face à sa pire récolte de maïs depuis 1980
Côté français, le gouvernement a promis de présenter un plan d'urgence ce jeudi. Au début du mois d'août, le ministère de l'Agriculture estimait que la récolte française de maïs grain 2026 serait possiblement la plus faible depuis au moins 1980, à 9 millions de tonnes, en recul de 35% sur un an.
Tandis qu'en Belgique, qui a elle aussi connu l'été le plus chaud de son histoire, les agriculteurs s'alarment de l'impact de la canicule sur la récolte de pommes de terre, craignant que les patates soient trop petites pour en faire des frites.