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Jeudi 07/05/2026

Viande bovine : Interbev appelle à mettre les bouchées doubles pour l’application d’Egalim dans les cantines

Publié par Pleinchamp

Le taux de viande française « durable et de qualité » servie dans la restauration collective doit plus que doubler pour atteindre les objectifs d’Egalim. Pour Interbev, ce secteur constitue un levier « immédiat et stratégique » pour renforcer la souveraineté alimentaire nationale et garantir la pérennité de la filière élevage en France.

Alors que le gouvernement invite à l’exemplarité de l’État dans l’application de la loi Egalim en restauration collective, l’interprofession Elevage et Viande (Interbev) « appelle à passer des objectifs aux moyens concrets afin de soutenir l’approvisionnement en viandes locales et de proximité », fait savoir l’organisation dans un communiqué de presse publié le 4 mai. Le secteur de la restauration collective « constitue un levier immédiat et stratégique pour renforcer la souveraineté alimentaire nationale et garantir la pérennité » de la filière élevage en France, soutient Interbev.

Dans un contexte marqué par la baisse du cheptel bovin (un million de vaches en moins en huit ans) et la hausse des importations (55% de la viande consommée en restauration hors domicile est aujourd’hui importée), « la commande publique constitue un levier déterminant pour orienter les achats vers des viandes durables et de qualité », plaide Interbev.

Fin mars, la ministre de l’Agriculture appelait à « l’exemplarité de l’Etat vis-à-vis des obligations de la loi Egalim » en matière de restauration collective. « Les cantines de nos ministères doivent devenir des vitrines du patriotisme alimentaire », avait clamé la ministre. Les secrétaires généraux des ministères doivent établir, d’ici à la fin du semestre, des plans de correction identifiant les freins à l’atteinte des objectifs Egalim et fixer les moyens d’augmenter, à brève échéance, l’achat durable et de qualité.

Si les lois Egalim et Climat & Résilience fixent des objectifs ambitieux, notamment 60% de viandes durables et de qualité en restauration collective (taux porté à 100% pour la restauration collective de l’État, ses établissements publics et les entreprises publiques nationales), « leur mise en œuvre reste encore insuffisante, indique-t-on chez Interbev. Les contraintes budgétaires et le manque de moyens alloués aux commandes publiques freinent leur application ».

Selon un bilan réalisé par le ministère de l’Agriculture, le taux moyen en produits durables et de qualité pour les familles « viandes » et « poissons » était de 36% en 2025. Le taux moyen de viandes d’origine française était, lui, de 65%, pour plus de 20 000 cantines ayant répondu.

Le Syndicat national de la restauration collective (SNRC) s’était fendu d’un communiqué en janvier dernier afin de démentir la « petite musique » insinuant « sur les plateaux de certains médias ou sur les réseaux sociaux, que les poulets servis dans les cantines françaises seraient majoritairement ukrainiens ou issus des pays du Mercosur ». Selon l’enquête que le SNRC a mené en 2025 sur les achats de 2024, 71% des viandes consommées sont d’origine France et 28% d’origine UE.

Pour augmenter la proportion de viande bio ou sous label, Interbev appelle à intégrer « des critères de durabilité et de traçabilité dans les marchés publics » et à favoriser les circuits de proximité, « notamment via des clauses de responsabilité sociétale dans les appels d’offres ».

L’association plaide également pour rendre obligatoire « un affichage clair de l’origine » dans les cantines et restaurants, y compris lorsque la viande est utilisée comme ingrédient dans des plats cuisinés.