Wulp, une promesse de rupture technologique en pulvérisation viticole

Basée à Cognac, Praysbee a breveté des rampes oscillantes dotées de buses à jet projeté réduisant la dérive de 90% et pouvant s’intégrer aisément sur tous les appareils en parc, le tout pour moins de 10 000 euros en deux rangs complets.

Pas de soufflerie énergivore et potentiellement pourvoyeuse de dérive (et assurément de bruit), pas de panneaux récupérateurs dispendieux et bringuebalants, pas même l’achat d’un pulvérisateur neuf puisque chaque module Wulp se greffe sur n’importe quel appareil en parc : telle est la promesse de Praysbee. Si cette jeune entreprise est peu connue dans le paysage viticole, sa société-sœur, Pulvécenter, l’est nettement plus. Basée elle aussi à Cognac (Charente), Pulvécenter est l’un des acteurs majeurs du contrôle technique des pulvérisateurs depuis son origine en 2009, avec des dizaines de milliers de contrôles et réglages à son actif, notamment en vigne. De quoi cogiter sur l’imperfection des technologies à l’œuvre.

Des buses à jet projeté tout au long de la saison

L’idée est venue des rampes à jet projeté utilisées pour les premiers traitements, c’est à dire jusqu’au stade 6/7 feuilles. Avec la mise au point du banc d’essai EvaSprayViti, l’IFV a démontré que les rampes à jet projeté dotées de buses anti-dérive étaient bien plus performantes en terme de quantité de bouillie déposée sur les feuilles et de réduction de dérive, comparativement aux systèmes à jet porté et aux pulvérisateurs pneumatiques. Problème : passé le stade 6/7 feuilles, l’angle de la buse située à une trentaine de cm du rang ne permet plus de couvrir toute la végétation.

Les binômes de buses montée sur des descentes oscillantes ont pour effet de démultiplier les angles d’attaque des jets de pulvérisation et de couvrir potentiellement l’intégralité du feuillage et des grappes, tout au long du cycle végétatif, avec le minimum de dérive (Source : Praysbee)

Pour le déjouer, Praysbee met en œuvre non pas une buse par niveau mais des binômes de buses à fente anti-dérive, projetant chacune leur jet dans deux directions différentes. Les binômes sont disposés sur une rampe oscillante, avec un angle réglable et une vitesse proportionnelle à la vitesse d’avancement et ajustables depuis la console en cabine. La combinaison (binômes + oscillation) a pour effet de démultiplier les angles d’attaque des jets de pulvérisation et de couvrir potentiellement l’intégralité du feuillage et des grappes, tout au long du cycle végétatif, avec le minimum de dérive, Wulp étant dépourvu de tout système d’assistance d’air. Selon Praysbee, Wulp permet de réduire de plus de 90% la dérive, ce que devrait confirmer son inscription prochaine sur la liste officielle de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), ouvrant la voie à la réduction des ZNT et aux éventuelles aides à l’investissement.

10 000 euros les deux rangs complets

Le prix n’est pas le dernier atout de Wulp : compter 10 000 euros pour un équipement deux rangs complets avec console de commande en cabine. Il faut dire que Wulp ne recèle ni châssis, ni cuve ni pompe : ses descentes se fixent sur les rampes du pulvérisateur existant sinon sur le châssis d’un outil (prétailleuse, effeuilleuse, rogneuse...), quel que soit l’attelage (à l’avant ou entre les roues du tracteur). Il suffit ensuite de les raccorder au circuit de bouillie. Wulp est doté d’une circulation semi-continue prévenant les risques de colmatage. Chaque rampe dispose d’un système de filtration, au côté d’un gyroscope garantissant le respect des distances et la position des rampes par rapport à la haie végétale. L’équipement intègre la coupure automatique et individuelle de buse en cas de manque, ainsi qu’en bout de rang.

Après deux ans de recherche et développement, Praysbee inaugure cette année les premières pré-séries avec des équipements présents dans tous les vignobles de France et de Navarre. L’entreprise va entamer des tests en arboriculture. Sa solution pourrait aussi connaitre des développements dans des cultures comme le tabac.