Loi Alimentation: déception des syndicats agricoles sur le volet rémunération

Loi Alimentation: déception des syndicats agricoles sur le volet rémunération

Les syndicats agricoles se sont montrés très critiques, après le vote à l'Assemblée nationale de la loi Agriculture, qui a réussi, une fois n'est pas coutume, à mettre d'accord la FNSEA et la Confédération paysanne, lesquels dénoncent unanimes un manque d'ambition quant à la rémunération des agriculteurs.

Les agriculteurs souhaitaient que les filières puissent s'appuyer sur l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) pour établir ces indicateurs, pour éviter que les acteurs les plus puissants - distributeurs et transformateurs - n'imposent leur volonté, mais un amendement adopté jeudi contraint les organisations interprofessionnelles à élaborer et à diffuser elles-mêmes ces indicateurs. Cette charge virulente des deux syndicats sonne aussi comme un appel à l'aide, avant la dernière ligne droite: le texte, adopté en nouvelle lecture par l'Assemblée samedi au petit jour, reviendra au Sénat le 25 septembre, marquant le début de la session extraordinaire à la chambre haute.

"Plus d'un an après le lancement des États Généraux de l'Alimentation, l'examen de la loi qui devait mettre en oeuvre les conclusions de cet exercice de concertation inédit, approche de son terme et ses ambitions fondamentales ne sont pas atteintes", attaque ainsi bille en tête la FNSEA dans un communiqué diffusé lundi. Le syndicat majoritaire souhaite, en cas d'échec des interprofessions à fixer des indicateurs de coûts de production, que soit prévu dans la loi le recours systématique à l'observatoire des prix et des marges.

Manque cruel d'ambition

L'obligation pour les interprofessions de produire ces indicateurs "n'est malheureusement qu'un leurre dans la mesure où rien n'est prévu si cette obligation n'est pas satisfaite", estime la FNSEA, pour laquelle l'État "refuse d'assumer son rôle de régulateur". "Le désengagement de l'État est dramatique sur ce dossier où les paysans ont besoin d'être protégés des griffes d'un modèle économique qui les broie jour après jour", a estimé de son côté la Confédération paysanne.

"La responsabilisation attendue des différents acteurs est un mirage auquel nous ne croyons plus tant la discussion interprofessionnelle est tronquée par le déséquilibre des forces en présence et ce n'est pas le médiateur qui suffira à inverser la tendance", a-t-elle ajouté, déplorant un "manque cruel d'ambition et de volonté de faire changer les choses".

"Cette loi aurait dû être le socle d'un renouveau agricole et alimentaire et c'est une nouvelle fois un renoncement auquel nous avons assisté", insiste la Confédération paysanne, qui s'en remet à l'Europe et à la prochaine politique agricole commune (PAC), qu'elle espère voir orienter ses aides vers l'emploi et la transition.

Source avec AFP

Sur le même sujet

Commentaires 8

Slp

Ce n'est pas une question de syndicalisme c'est du bon sens. Bloquer les raffineries a un effet rapide . Dans l'alimantaire avec la multitude de produits bourrés de conservateur l'impact sera plus long. Je doute fort que les agri puissent tenir longtemps sans aucune rentrée d'argent. De plus il serai mal vu de jeter de la nourriture alors que de plus en plus de consomateurs sont sensible au gaspillage alimentaire.

59

çà me semblait bizarre aussi qu'on s'intéresse à nous d'un seul coup!!!! en fait j'irai plus loin que toi digue3942. on est au temps de jules cesar on met les courageux gladiateurs dans la fosse aux lions. on sait qui sont les perdants et les gagnants vont bien rire et profiter encore encore et encore.

candide

je réponds à livo, les importations agricoles ne représentent pas (encore ?) un pourcentage majoritaire de la consommation intérieure et essayez de vider les rayons des grandes surfaces de plus de 50% , vous verrez la réaction des consommateurs qui videront le peu qui restera ! on voit bien ce qui se passe avec le blocage des raffineries ! quand à éleveur, certains ont déjà pratiqué l'arrêt des livraisons de lait mais n'avaient pas été suivis par le syndicat majoritaire ce qui provoque la situation dans laquelle nous sommes actuellement au sujet du rapport de force. Mais ce n'est qu'un rêve car je sais que ça ne se fera pas du fait de la division des agris.

baba

je suis d'accord avec LIVO32, depuis 60 ans on a des discours, du bla bla puis rien derrière.
L' agriculture française peut crever, ce n'est pas très grave, on a mis des accords internationaux du genre CETA pour y remédier et on vendra des avions et des armes pour payer.
De plus,sans agriculture, on fera plaisir à nos amis écolos qui verront les friches revenir
avec des loups et de la biodiversité. Seuls les plus forts et les plus résistants resteront.
C'est la loi du capitalisme. Cette loi est bien plus puissante que les EGA. C'est elle qui s'applique tous les jours au monde agricole et ce n'est pas fini.

Eleveur

Elle est bien bonne ton idée. Je peux garder mon blé en stock 1-2 voire 3 ans s'il le faut. Mais mon lait je ne peux pas le stocker, ni fermer le robinet demain pour le rouvrir dans 6 mois. Alors éclaire moi.

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier