1 tonne sèche de couvert enfoui = 112 kilos de carbone stable humifié

Selon Arvalis, les couverts intercultures, même peu denses, participent à l’amélioration du taux de matière organique et donc au stockage de carbone dans les sols. Deux outils en ligne permettent de simuler les incidences agronomiques des cultures intermédiaires.

« Dans une rotation betterave-blé-betterave-blé, avec peu de restitutions de carbone du fait de l’importance des exportations et moyennant la présence d’un couvert une année sur deux et dont l’enfouissement apporte au sol 2 t/ha de matière sèche, le stock de carbone dans le sol passe de 16 t/ha à 25 t/ha sur un pas de temps de 100 ans tandis que le taux de matière organique sur l’horizon 0-30 cm passe de 2% à 2,7% ». A l’occasion de trois webinaires organisés par Arvalis et consacrés aux plantes services, Thibaud Deschamps, ingénieur agronome et spécialiste de la gestion durable des sols, a témoigné de la contribution des couverts végétaux, y compris les couverts peu denses et intermittents, à la séquestration de carbone dans le sol et à l’amélioration du taux de matière organique, au service de l’atténuation du changement climatique et de la fertilité des sols.

Évolution du stock de carbone actif sur 100 ans dans une rotation betterave-blé-betterave-blé avec couvert une année sur deux

Deux méthodes pour estimer la restitution des couverts

Selon Arvalis, l’enfouissement d’une tonne de matière sèche de couvert interculture par hectare engendre un gain net moyen de 112 kg de carbone stable humifié. En ce qui concerne l’azote, Arvalis fait état d’une contribution annuelle comprise entre entre 10 kg/ha et 25 kg/ha selon les systèmes et les conditions pédoclimatiques. Pour permettre à chacun d’évaluer, dans son propre contexte, l’incidence des couverts intermédiaires sur la fertilité des sols, il existe deux méthodes gratuites et disponibles en ligne. La première, baptisée Merci (Méthode d'Estimation des Restitutions par les Cultures Intermédiaires) (Arvalis, Chambres d’agriculture, Bordeaux Sciences Agro, Inrae) permet d’obtenir les quantités de carbone stable d’éléments minéraux (N, P, K, S, Mg) potentiellement restituées à la culture suivante. Elle jauge aussi la valeur fourragère des dérobées et pouvoir méthanogène des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE). La seconde, SIMEOS-AMG (SIMuler l’évolution de l’Etat Organique des Sols) (Agro-Transfert RT, Inrae)  est spécifique du carbone. Elle est à la base d’une méthodologie bas carbone mise au point par plusieurs instituts techniques (Arvalis, ITB, Terres Inovia) en cours de labellisation par le ministère de la Transition écologique.

Plus d’activité et de diversité biologiques

A défaut de vocation alimentaire (même s’ils peuvent nourrir les animaux et les méthaniseurs), les couverts végétaux sont parés de nombreuses vertus, en matière de fertilité (structuration physique, lutte contre l’érosion, absorption et fixation d’éléments nutritifs, matière organique...) et de régulation des bioagresseurs (attraction des auxiliaires, piégeage et répulsion des ravageurs, allélopathie, biofuligation, sentinelle-indicatrice, stimulation des défenses, barrière, dilution, plantes tuteurs...).

Leur contribution à l’activité biologique des sols est aussi notable. « Une méta-analyse portant sur 60 essais a démontré que, comparativement à un sol nu, les couverts végétaux étaient crédités de +27% d’abondance microbienne, +22% d’activité biologique et +2,5% de diversité biologique », indique Thibaud Deschamps.