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Mardi 17/02/2026
Education à l’alimentation : vers une expérimentation de la primaire au lycée
L’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi instaurant, à titre expérimental et pour trois ans dans des académies volontaires, une séance obligatoire par trimestre de la maternelle au primaire, un projet d’éducation à l’alimentation obligatoire au collège et un module facultatif au lycée.
Apprendre à lire, à écrire, à compter… et à bien manger. Tel est le nouvel apprentissage fondamental que les députés souhaitent inculquer aux élèves, de l’école primaire au lycée. Le 16 février, ils ont adopté une proposition de loi portée par Olivia Grégoire (Renaissance), ex-membre des gouvernements Borne et Attal. « Former nos enfants à comprendre ce qu’ils mangent, à connaître les saisons, les produits et les territoires, c’est leur donner les clés d’une autonomie éclairée et d’un rapport plus juste au monde, a argumenté la députée de Paris. C’est aussi leur transmettre un savoir essentiel pour leur santé, leur avenir et leur citoyenneté ».
Cinq objectifs
La proposition de loi vise à faire de l’éducation à l’alimentation une composante à part entière du parcours éducatif, en inscrivant durablement le « bien manger » au cœur du projet républicain de formation du citoyen.
Elle poursuit les cinq objectifs suivants : développer les compétences des élèves en matière de connaissances alimentaires, de nutrition, de saisonnalité, d’équilibre alimentaire, de consommation responsable et de prévention des risques liés à l’alimentation, promouvoir le bien manger et les bénéfices retirés de la consommation de produits non transformés, prévenir les inégalités sociales et territoriales en matière de consommation alimentaire, renforcer la cohérence éducative entre les enseignements scolaires théoriques délivrés aux élèves et les services auxquels ils ont accès dans le cadre la restauration scolaire et enfin mobiliser le tissu local et l’ensemble de ses acteurs afin d’offrir aux élèves une culture alimentaire vivante, incarnée et ancrée dans leur territoire.
Trois publics, trois menus
À l’école primaire, l’éducation à l’alimentation prendrait la forme d’un enseignement structuré obligatoire, intégré aux programmes existants, comprenant au moins trois séances par an et articulée avec la restauration scolaire afin d’assurer une continuité pédagogique entre les apprentissages en classe et les repas proposés à la cantine. Elle mobiliserait des démarches pratiques telles que l’éducation sensorielle, les ateliers culinaires, la découverte de la saisonnalité et des caractéristiques des produits, la visite de producteurs locaux, la mise en place d’animations pédagogiques et participe aussi à la valorisation des métiers de bouche et des métiers agricoles.
Au collège, l’apprentissage constituerait une nouvelle composante du parcours éducatif de santé et prendrait corps dans un projet annuel d’éducation à l’alimentation, au caractère obligatoire.
Au lycée, l’éducation à l’alimentation prendrait la forme d’un module expérimental facultatif, associant les régions, compétentes pour la restauration scolaire et la carte des formations. Elle mobiliserait les acteurs locaux afin de relier l’éducation à l’alimentation aux filières de santé, d’agriculture, d’agroalimentaire et de transition écologique. « Nous partageons la conviction que l’école est non seulement un lieu d’apprentissage et d’émancipation, mais aussi un lieu où se forgent la santé » a déclaré dans l’Hémicycle le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray, soutenant l’initiative
Trois ans d’expérimentation
Sous réserve que le Sénat l’adopte dans les mêmes termes, la proposition de loi se cantonne à une expérimentation conduite sur trois ans dans des académies volontaires, afin de tester des approches concrètes (ateliers sensoriels, visites de producteurs, projets autour de la restauration scolaire) et d’en mesurer les effets éducatifs, sanitaires et sociaux. « Cette méthode, fondée sur le volontariat et la
co-construction avec les collectivités, garantit une mise en œuvre adaptée aux réalités de terrain et évite les écueils d’un déploiement vertical » plaide Olivier Grégoire, qui rappelle que notre pays est confronté à une « pandémie qui avance sans bruit dans notre pays » et aux « ravages bien réels », en faisant allusion à l’obésité, qui affecte un Français sur cinq, tandis qu’un sur deux est en surpoids, des chiffres qui ont doublé en 30 ans et même quadruplé chez les 18-24 ans. Pour la députée, « ce bouleversement des habitudes alimentaires ne relève pas du hasard : il traduit une perte de repères, une méconnaissance croissante de ce que l’on mange, et une déconnexion grandissante entre alimentation, santé et environnement ».
S’appuyant sur sondage OpinionWay, Olivia Grégoire affirme que 87% de nos concitoyens souhaitent qu’une éducation à l’alimentation soit obligatoirement dispensée à leurs enfants.
La députée a remercié les chefs, restaurateurs et diététiciens pour le « combat » mené « depuis des années » dans les établissements scolaires, citant de nombreux acteurs impliqués dont La Tablée des chefs, Open Agrifood, L’École comestible, Les Enfants cuisinent, Aux Goûts du jour, Euro-Toques, Bleu-Blanc-Cœur, l’Association française des maîtres restaurateurs, Cantines rêvolution, Anis étoilé ou encore Du pain sur la planche.