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Lundi 16/02/2026

En 2025, l’excédent agroalimentaire dégringole à 181 millions d’euros, le plus faible depuis 1978

La chute de l’excédent des produits transformés, en partie imputable à la dégradation de la balance des vins et spiritueux et des produits laitiers et à l’aggravation du déficit en viande, explique la pire performance du secteur agroalimentaire depuis près de 50 ans.

Après +6,3 milliards € en 2020, +8,2 milliards € en 2021, +10,3 milliards € en 2022, +6,5 milliards € en 2023 et+4,9 milliards € en 2024, l’excédent de la balance commerciale agro-alimentaire a connu un décrochage brutal en 2025, selon Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture. L’excédent commercial agroalimentaire s’établit ainsi à +181M€, en chute de 4,8 Md€ par rapport à 2024 sous l’effet d’une hausse des importations (+6,5 Md€, +8 %) bien supérieure à celle des exportations (+1,6Md€, +2%). Il faut remonter à la fin des années 1970 pour trouver de tels niveaux, avec une balance à l’équilibre en 1978 et en déficit de 600 millions d’euros en 1977.

Evolution du solde global des échanges agroalimentaire au cours des 50 ans passés (Source Agreste)
Evolution du solde global des échanges agroalimentaire au cours des 50 ans passés (Source Agreste)

Le déficit commercial avec l’UE s’est creusé de 1Md€ pour atteindre - 3,4Md€ en 2025, affectant aussi bien les produits bruts (-5,7Md€, +16,1%) que les produits transformés (-9,1Md€, +24,8%). Le bénéfice avec les pays tiers a quant à lui fondu de de 3,8Md€ pour s’établir à +3,6Md€, le déficit des produits bruts s’aggravant (-6,1Md€, +37,4%) et le bénéfice des produits transformés se réduisant (9,7Md€-, -18,4%).

Produits bruts : -373 millions d’euros

En 2025, le solde des échanges de produits agricoles bruts est passé en négatif, une première depuis 2017, pour s’établir -373 M€ contre +485M€ en 2024, la croissance des importations (+9%) ayant été supérieure à celle des exportations (+4%).

Avec un solde de +6,6Md€ (+0,5%), les céréales demeurent le premier contributeur à l’excédent généré par les produits bruts, devant animaux vifs et des œufs (+2,9Md€, +33,1%) et les produits sylvicoles (+328€, +6,5%). Les bovins vifs génèrent à eux seuls un solde de +2,4Md€ (+39,7%).

Les plus gros déficits sont imputables aux fruits (-3,6Md€, +7,3%), au café, cacao et thé (-2,6Md€, +59,8%), aux produits de la pêche et de l’aquaculture (-1,2Md€, -16,2%) et aux légumes (-895M€, +152%).

Produits transformés : +554 millions d’euros

Entre 2024 et 2025, le solde des échanges de produits transformés a dégringolé de +4,5 milliards d’euros à +554 millions d’euros. Si les exportations ont très légèrement progressé (+1,4%), les importations ont connu une croissance de +8,2%. En dehors des aliments pour animaux (1,7Md€, +8,0%), toutes les autres catégories de produits ont vu leur performance se dégrader, y compris les postes positifs comme les boissons alcoolisées (+13,5Mds€, -8,4%), les produits laitiers (+2,0Md€, -22,1%), le sucre (1,0 Md€, -13,5%), les produis des céréales (864M€, -21,2%).

La situation s’est détériorée pour les produits en négatif, à commencer par les produits à base de fruits et légumes (-4,0Md€, +5,3%), les produits préparés de la pêche (-3,9Md€, +8,7%), la viande (-3,8Md€, +25,2%), le chocolat et les confiseries (-2,4Md€, +41,3%), les autres produits alimentaires (-1,9Md€, +165%), les biscuits, pâtisseries et pâtes (-714M€, +20,8%). Les huiles, tourteaux et corps gras ont en revanche réduit leur déficit (-2,3Md€, -18,0%). Le déficit des tourteaux pointe à -1,4Md€. Du côté des viandes, le déficit s’accroit pour la viande bovine (-780M€) et la volaille (-1,3Md€) tandis que le bénéfice se réduit pour la viande porcine (+35M€).