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Lundi 22/06/2026

En 2025, le Nutri-Score… score un peu moins

Publié par Pleinchamp

Si le nombre de marques engagées a légèrement progressé, les volumes de vente ont légèrement reflué, notamment pour les céréales pour le petit-déjeuner et pour les produits laitiers et desserts frais. En dépit de ses bienfaits sur les choix nutritionnels et la santé, le système d’étiquetage nutritionnel simplifié rebute toujours certains industriels, mais pas la distribution.

Depuis 2018, la part de marché des marques engagées dans la démarche Nutri-Score a augmenté entre 2018 et 2023, avec un ralentissement entre 2021 et 2023. Elle s’est ensuite stabilisée entre 2023 et 2024 avec une légère baisse en 2025 pour atteindre une estimation de 63% en volumes de ventes, qui se décompose en 32% pour les marques de distributeurs, 20% pour les marques nationales et 11% pour les autres segments de marché. Tel est le bilan 2025 dressé par l’Observatoire de l’alimentation (Oqali), piloté par l’Anses et l’INRAE. Créé par la loi Egalim d’octobre 2018, l'observatoiore est destiné à assurer un suivi global de l’offre alimentaire des produits transformés présents sur le marché français en mesurant l’évolution de la qualité nutritionnelle, via leur composition et les informations figurant sur les étiquetages.

Un recul des ventes dû au retrait de quelques marques

Selon l’observatoire, le recul des ventes des produits affichant le logo et 5 lettres et 5 couleurs est dû au désengagement d’entreprises, notamment dans les secteurs des céréales pour petit-déjeuner, dont la part de marché recule de 4% en volume, des produits laitiers et desserts frais (-3 points) et des fromages (-1 point), et que ne compense l’engagement de nouvelles marques. Malgré tout, ce sont les céréales pour petit-déjeuner qui réalisent les plus gros scores (93% de part de marché), à égalité avec les produits transformés à base de pommes de terre (93%), devant les conserves de fruits (92%), les plats cuisinés surgelés (88%), la panification croustillante et moelleuse (87%) etc. En queue de peloton figurent les confiseries (18%), le chocolat et produits chocolatés (34%), les préparations pour desserts (40%), les biscuits et gâteaux industriels (41%) etc.

A noter la performance des Marques de distributeurs (MDD) qui, en 2025, ont fait le plein avec un engagement à hauteur de 100%.

Un algorithme qui ne passe toujours pas

Le bilan 2026 pourrait acter un nouveau recul des marques nationales car depuis l’instauration du nouvel algorithme le 14 mars 2025, de nombreux industriels ont décidé d’effacer le Nutri-score de l’emballage de leurs produits, rejoignant les résistants de la première heure, dont l’emblématique Lactalis. L’industriel conteste la méthode de calcul et notamment la prise en compte de portions de 100 grammes, ne correspondant pas à la réalité de consommation des fromages. L’affaire est sur la table de la Cour de justice de l’UE après que le Conseil d’Etat, saisi par la multinationale, a botté en touche.

En 2019, une simulation de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren) avait indiqué qu’environ 3,4% de décès par maladies chroniques, soit entre 6636 et 8732 morts par an, pourraient être évités si le Nutri-Score était apposé sur les emballages des aliments.

Plus récemment, une étude publiée dans The Lancet a montré des effets positifs chez les enfants au Chili, pays sujet à une épidémie d’obésité, et qui mène depuis 10 ans une politique plutôt stricte reposant sur l'étiquetage nutritionnel avec une série d’étiquettes hexagonales d’une couleur noire dissuasive mettant en garde contre la présence éventuelle de composants considérés comme mauvais pour la santé, s’ajoutant à des restrictions de vente et de publicité.

Selon une étude menée par Santé Publique France en 2023, un produit avec un meilleur Nutri-Score n’est pas forcément plus cher qu’un produit moins bien noté.