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Jeudi 18/06/2026

En 2025, les émissions de GES agricoles poursuivent leur baisse (modérée)

Publié par Pleinchamp

Selon les premières estimations, les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole ont diminué de 1,3% en 2025, sous l’effet de la décapitalisation bovine, en partie contrebalancée par une hausse des émissions dues aux engrais azotés. Le rythme de décarbonation s’atténue et s’écarte des objectifs nationaux, tandis que le puits de carbone s’amenuise.

Selon les premières estimations du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), les émissions de gaz à effet de serre, tous secteurs confondus et hors puits de carbone, ont baissé de 2,1% en 2025 pour s’établir à 359 Mt CO2e, faisant suite à des baisses de 3,0% en 2024, 6,8% en 2023 et 3,9% en 2022. Ce qui fait dire à l’organisme en charge de l’inventaire des gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques que « la baisse des émissions de GES continue de ralentir » et que « le rythme de réduction doit s’accélérer pour les années à venir avec des baisses annuelles de 5 % à 6 % attendues à partir de 2026 », afin de respecter la trajectoire fixée par la nouvelle version de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC3), qui doit être finalisée dans le courant de l’été.

Emissions de GES (hors puits de carbone) et budget carbone, France hexagonale et Outre-mer inclus dans l’UE (Source : Citepa)
Emissions de GES (hors puits de carbone) et budget carbone, France hexagonale et Outre-mer inclus dans l’UE (Source : Citepa)

Moins de bovins, plus d’engrais azotés

En ce qui concerne l’agriculture, et toujours hors puits de carbone, les émissions estimées pour l’année 2025 s’élèvent à 76,6 Mt CO2e, soit une baisse 1,3% sur un an, « inscrivant l’estimation dans la dynamique observée historiquement », relève le Citepa, qui fait état d’une baisse annuelle moyenne de 1,2% entre 2015 et 2024. Un rythme jugé « assez faible au regard du poids du secteur dans le total national », l’agriculture pesant pour 20% des émissions de GES.

Postes d’émissions de l’agriculture (Source : Citepa)
Postes d’émissions de l’agriculture (Source : Citepa)

En 2025, le sous-secteur de l’élevage voit ses émissions diminuer de 1,1 Mt CO2e (-2,5 %), du fait de la réduction du cheptel bovin, quand le sous-secteur des cultures voit ses émissions légèrement augmenter de 0,2 Mt CO2e (+1,2%), du fait d’un apport d’engrais minéraux azotés en hausse en moyenne sur les deux dernières campagnes.

Les chiffres consolidés 2024

Dans le même rapport, le Citepa a publié les chiffres consolidés relatifs à l’année 2024. Si les émissions de GES agricoles ont baissé de 17% entre 1990 et 2024 (à 78,0 Mt CO2e), la contribution de l’agriculture est en revanche passée de 17% à 21% sur la période. L’élevage est le secteur plus émetteur (59%) devant les cultures (27%) et les consommations énergétiques (14%).

Substances pour lesquelles le secteur de l’agriculture contribue pour au moins 5% aux émissions en 2024 (Source : Citepa)
Substances pour lesquelles le secteur de l’Aagriculture contribue pour au moins 5% aux émissions en 2024 (Source : Citepa)

L’essentiel des émissions (55%) est constitué de méthane (CH4) principalement lié à l’élevage, et dans une moindre proportion (29%) de protoxyde d’azote (N2O), principalement lié à la fertilisation des cultures.

L’agriculture génère à elle seule 71% des émissions nationales de CH4 (59,2 Mt CO2e, -1,8% sur un an) et 81% de N2O (28,0 Mt CO2e, +0,6%).

En ce qui concerne les polluants atmosphériques, l’agriculture est l’émetteur presque exclusif d’ammoniac (96,4%) avec 0,55Mt (-1% sur un an). Les émissions de Nox (25,5% du total national) ont baissé de 2,5% (0,63Mt). Les émissions de composés volatiles organiques (39,3% du total national), liées à la gestion du fumier et aux silos d’ensilage, sont stables (1,0Mt).

Un puits de carbone qui s’amenuise

En 2024, le puits de carbone, constitué de la biomasse forestière et non forestière, s’est établi à -52,0 Mt CO2e, équivalent à 14% des émissions de l’année (367 Mt CO2e). Après une forte progression entre 1990 et 2005, pointant alors à -63,0 Mt CO2e, le puits de carbone ne cesse de s’éroder sous l’effet des sécheresses répétées, de problèmes sanitaires (scolytes, chalarose…), du ralentissement de la croissance des arbres et de l’augmentation des prélèvements. En matière de séquestration, la France mise sur l’adaptation des forêts, le stockage du carbone dans les produits bois et les sols, ainsi que sur des puits artificiels comme le captage et stockage du carbone (CCS).