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Lundi 05/10/2026

« J’ai peur que les prairies soient mortes et ne repartent pas »

Publié par Pleinchamp

[Sommet 2026] Eleveur laitier et allaitant en Haute-Loire, Lionel Gauthier ne se fait plus d’illusion sur la production d’herbe à l’automne mais appréhende 2027 alors que les stocks 2025, et même 2024, vont permettre d’amortir le choc 2026.

« Cette année on a lâché les bêtes le 25 mars et on les a rentrées le 15 juin, y avait plus d’herbe ». À Saint-Beauzire (Haute-Loire), le Gaec de la Moutonade n’a pas été épargné par la sécheresse sans précédent et sans fin. « J’ai peur que les prairies soient mortes et ne repartent pas », énonce Lionel Gauthier, au milieu d’un espace pastoral reconstitué de toutes pièces en plein cœur de Clermont-Ferrand, à l’occasion du 35ème Sommet de l’élevage, point d’orgue hexagonal de l’année internationale des parcours et du pastoralisme.

"Malgré les orages du mois d’août, il y a des ronds où il n’y a plus de vie"

A l’appui de ses craintes, ses observations. « Malgré les orages du mois d’août, il y a des ronds où il n’y a plus de vie », se désole-t-il, misant toutefois sur le fait que les « prairies se regénèrent toutes seules et que les graines vont ressortir ».

Lionel Gauthier et Noueuse défilent à l’occasion de « Pâture », l’espace pastoral reconstitué au cœur de Clermont-Ferrand du 5 au 8 octobre © R. Lecocq
Lionel Gauthier et Noueuse défilent à l’occasion de « Pâture », l’espace pastoral reconstitué au cœur de Clermont-Ferrand du 5 au 8 octobre © R. Lecocq

En attendant, lui et son frère Cédric ont une cinquantaine d’Abondance et une quinzaine d’Aubrac à nourrir. Heureusement, les éleveurs, convertis en bio il y a une dizaine d’années, peuvent miser sur leurs stocks 2025 et même 2024. « Cette année-là avait très très pluvieuse, se rappelle l’éleveur. Et en 2025, après le gros été, il s’était remis à pleuvoir et on avait pu faire pâturer jusqu’entre Noël et le premier de l’An. C’était autant de stocks économisés. Mais cette année, on n’a rien, on n’a pas de repousse ».

Fini le stockage sur pied

Échaudés l’an passé, les éleveurs ont modifié leurs pratiques fourragères. « Dans le temps, on pouvait stocker de l’herbe sur pied et on la faisait manger plus tard, explique l'éleveur de 49 ans, habitué du concours Abondance du Sommet.  Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Avec la chaleur et la durée des canicules, l’herbe brûle sur pied ». Désormais, au mois de mai, l’herbe est fauchée, ensilée, enrubannée ou stockée sous forme de foin. Bien leur en a pris cette année, à la veille d’une sécheresse historique, aidés par le calendrier lunaire, « qui donne des tendances ».

"Cette année, elle va être longue"

Entre les stocks des années précédentes et les récoltes du printemps, favorisées par les pluies hivernales, le Gaec devrait échapper à l’achat de fourrage et à une « spéculation impressionnante ». Et sans se séparer prématurément d’animaux. « On a toujours connu des sécheresse entre le 14 juillet et le 15 août mais cette année, elle va être longue », prédit Cédric Gauthier, pas mécontent de voir les prix du lait (bio) et de la viande résister, même si les prix records des réformes et des broutards sont derrière lui.