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Mercredi 01/04/2026

La justice administrative offre un répit à quatre fongicides cupriques en vigne

Publié par Pleinchamp

La firme Cosaco avait contesté le retrait par l’Anses de plusieurs de ses spécialités tandis que la filière, et notamment la bio, s’inquiétait d’être prise au piège d’une impasse phytosanitaire, dont l’épilogue n’est pas encore certain.

« A l'aube de la campagne viticole 2026, c'est une réelle éclaircie pour tous les vignerons, bio comme conventionnelle. Le juge reconnait que le cuivre est un outil indispensable pour la filière ». Telle est la réaction de Pascal Doquet, référent cuivre à la FNAB, à l’annonce de la décision du tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne) rendu le 30 mars. Saisi par la firme Cosaco, l’instance a motivé sa décision en invoquant un motif d’« urgence agricole ».

Toilettage confinant au lessivage et à l’impasse

En juillet 2025, l’Anses avait opéré un sérieux toilettage, pour ne pas dire un lessivage, dans le catalogue des spécialités homologuées pour lutter contre le mildiou de la vigne, principalement des poudres, en raison de la nocivité dont elles étaient potentiellement porteuses à l’égard des opérateurs et de l’absence de garanties apportées sur ce point par les firmes. 17 produits étaient sur 19 étaient ainsi passés à la trappe, l’agence sanitaire assortissant sa décision de possibilités d’acheter les produits en question jusqu’au janvier 2026 et de les utiliser jusqu’au 15 janvier 2027.

L’Anses a en effet restreint les conditions d’utilisation des deux spécialités réautorisées, en bannissant leur usage en période de floraison, en fixant une durée minimale de 7 jours entre deux applications et en plafonnant la dose annuelle à 4 kg/ha alors que la réglementation européenne offre la possibilité de lisser la dose sur 7 ans, sans dépasser les 28 kg/ha sur la période et 6 kg/ha sur une année. « Une nouvelle fois, l’ensemble de la viticulture se retrouve dans une impasse par rapport à ses concurrents européens par décision de l’administration française », avait réagi Anthony Brun, président de la Commission durabilité-environnement de la CNAOC, aux côtés de la FNAB et France Vin Bio. A l’annonce de la décision du tribunal de Melun, les trois organisations ont salué une « victoire historique ».

Le tribunal a donné deux mois à l’Anses pour réexaminer l’AMM des quatre fongicides en question (Kocide Opti, Kocide 2000, Funguran OH et Funguran OH 300 SC). Selon le décompte de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), 17 spécialités à base de cuivre demeurent autorisées pour protéger la vigne du mildiou, dont les 2 ré-autorisées par l’Anses. Les 15 autres font l’objet d’une évaluation de la part de l’Italie, qui n’a pas encore rendu ses conclusions. Au plan européen, l’AMM du cuivre court jusqu’au 30 juin 2029.