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Mercredi 27/05/2026

Les coopératives animales atteignent leurs limites de capacité de financement et en appellent aux banques et à l’Etat

Publié par Pleinchamp

Confrontées à la hausse des prix des animaux, les coopératives agricoles du secteur animal demandent aux banques et à l'État de renforcer leur soutien pour accompagner les installations et les investissements.

A l’occasion de leur bilan annuel présenté à la presse le 13 mai, les 100 coopératives adhérentes au pôle animal de la Coopération agricole ont rappelé leur rôle de soutien financier auprès des éleveurs, mais ont également fait part de leurs limites.

Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt et de l’augmentation des besoins financiers des éleveurs, « les coopératives ont atteint les limites de leur capacité de financement sur leurs fonds propres », a alerté Bruno Colin, éleveur bovin en Meurthe-et-Moselle et président du pôle animal de la Coopération agricole.

Les coopératives commercialisent 30% de la production bovine française, 50% de la production avicole, 52% de la production ovine et 58% de la production porcine.

En l’espace de quelques années, l’amélioration globale du prix des animaux a permis une progression de la rémunération des éleveurs, mais aussi une hausse des besoins en fonds de roulement des élevages français et une hausse du coût de l’installation pour les jeunes éleveurs.

Les prix des bovins, par exemple, ont doublé depuis 2020. En conséquence, la valeur des stocks augmente dans les élevages, chiffrant le besoin en fonds de roulement des élevages français à plusieurs milliards d’euros supplémentaires.

En 2024, les coopératives indiquent avoir commercialisé près de 310 000 jeunes bovins. Pour près de la moitié, les éleveurs ont bénéficié d’un appui financier de leur coopérative. Au niveau national, 2,9% du chiffre d’affaires annuel des coopératives bovines est « prêté » aux associés-coopérateurs.

Mais « tous les efforts que font actuellement les coopératives ne suffisent pas », a affirmé Bruno Colin, demandant aux banques de « jouer le jeu » et à l’Etat de « se porter caution solidaire aux côtés des coopératives. »

Les coopératives demandent la mise en place d’offres de financement adaptées, permettant à la fois l’installation de nouveaux éleveurs, l’accompagnement des reprises de cheptels et le soutien aux investissements dans les ateliers d’engraissement.

« Sans les leviers bancaires, d’accompagnement, de financement de bâtiments, de modernisation, nous n’aurons pas la possibilité d’accompagner tous ceux que l’on voudrait accompagner pour faire face au défi de renouvellement des générations », plaide Bruno Colin.

Augmenter la production française ne signifie pas tourner le dos à l’export

Au niveau national, l’objectif de la filière bovine est de produire 50 000 broutards et 20 000 veaux supplémentaires par an, sans pour autant diminuer l’export d’animaux vifs.

« Nous devons produire pour nos concitoyens mais nous avons aussi besoin des échanges européens et internationaux, rappelle Bruno Colin. Dans les équilibres de la production porcine, la Chine reste par exemple un marché très intéressant sur certains produits. De même que la Grèce, l’Italie ou l’Espagne pour nos jeunes bovins mâles ».

L’objectif de 50 000 nouvelles places d’engraissement est à relativiser à l’échelle des exportations françaises : chaque année, ce sont plus de 900 000 broutards et 400 000 veaux qui traversent nos frontières. « Ces 50 000 places supplémentaires ne vont pas bouleverser les équilibres de marché mais peuvent redonner de la sérénité et la capacité d’accompagner le besoin sur le territoire national », indique Bruno Colin.