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Mardi 28/04/2026

Lur Berri, un soutien tous azimuts à l’engraissement des bovins

Publié par Pleinchamp

Depuis quelques années, la coopérative basque multiplie les investissements amont et les partenariats aval pour accroître la production de jeunes bovins, en apportant le maximum de sécurité à ses adhérents, par le biais de contrats de production intégrant les coûts de production et l'évolution du prix de marché.

26.000 têtes en 2022, 69.000 têtes 2025 et un objectif à moyen terme de 80.000 animaux : telle la feuille de route que s’est fixée la coopérative Lur Berri, qui veut atteindre une production annuelle de 8000 jeunes bovins d'ici 2030, grâce à la création d’une trentaine de nouveaux ateliers d'engraissement. « L'ambition de la coopérative est d'instaurer localement une dynamique d'engraissement pour répondre concrètement à de nouveaux partenariats avec des opérateurs de l'aval de la filière, explique Michel Idiart, vice-président la coopérative lui-même éleveur bovin à Lasse (Pyrénées-Atlantiques). C’est un enjeu majeur pour garder la valeur ajoutée sur notre territoire, historiquement composé d’éleveurs naisseurs, et répondre ainsi aux enjeux de souveraineté alimentaire ».

La coopérative s’inscrit ainsi dans les sabots de la filière qui, dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire, s’est fixée pour objectif de produire 50.000 broutards et 20.000 veaux supplémentaires par an pour amener l’engraissement à +20.000 tec par rapport à 2023/2024, sans diminuer l’export d’animaux vifs et en visant une stabilisation du cheptel à 3,4 millions de vaches allaitantes en 2030, soit l’effectif de 2024.

Lur Berri n’a toutefois pas attendu le « Grand réveil alimentaire », décrété par le gouvernement en décembre dernier, pour prendre les jeunes bovins par les cornillons. Depuis 2022, la coopérative a fait le choix de développer une filière locale d'engraissement de JB en race Blonde d'Aquitaine en s’appuyant sur le premier bassin de broutards Blonds d’Aquitaine, et qui se trouve être aussi une zone productrice de maïs. Ou comment reconnecter élevage et cultures.

L’OP bovine de la coopérative propose des contrats sur 3 ou 6 ans intégrant à la fois les coûts de production et l'évolution du prix de marché © Lur Berri
L’OP bovine de la coopérative propose des contrats sur 3 ou 6 ans intégrant à la fois les coûts de production et l'évolution du prix de marché © Lur Berri

Contrats de production sur 3 ou 6 ans

La démarche repose sur un contrat de production porté par l’OP bovine de la coop, qui sécurise les éleveurs engraisseurs sur une période de 3 ou 6 ans, en intégrant à la fois les coûts de production et l'évolution du prix de marché. En complément, la coopérative propose un accompagnement technique et économique renforcé, ainsi que des aides financières à la création ou à la modernisation d’ateliers d'engraissement, notamment pour répondre aux besoins en fonds de roulement des ateliers. « Le gros point positif de cette production de jeunes bovins, c'est que Lur Berri a mis en place un contrat de production où on a un revenu sécurisé », témoigne Anthony Saint-Jean, hors-cadre familial, qui s’est installé en 2023 à Boumourt (Pyrénées-Atlantiques) en reprenant un atelier doté de 145 places. Lur Berri déploie par ailleurs avec la « Charte Jeune Agriculteur (JA » un programme spécifique d’accompagnement visant à « engager de nouveaux éleveurs autour de projets bovins structurants et à positionner ces jeunes agriculteurs en partenaires clés de la dynamique d’engraissement de l’OP bovine ».

Structuration de l’amont à l’aval

Lur Berri évalue à plusieurs millions d’euros l’investissement consenti dans la structuration et le développement de sa filière bovine (centres d’allotement, logistique, outils de nutrition animale, outils de management de la qualité, équipes de terrain) afin d’apporter de la valeur ajoutée aux ateliers de production des 2300 éleveurs. En 2022, la coopérative avait acquis le négoce de bétail Alliance Occitane basé dans le Gers et les Hautes-Pyrénées. En 2024, la coopérative Euralis lui confiait la collecte et la mise en marché de ses bovins tandis que le groupe Bigard annonçait un programme d’investissements pour l’outil d’abattage et de transformation du site Arcadie Viandes d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques), entreprise dans laquelle Lur Berri détient une part minoritaire.

Au révélateur de la MHE et de la DNC

L’irruption de la MHE puis de la DNC, deux maladies vectorielles qui n’ont pas épargné le Sud-ouest, n’ont fait que conforter la bien-fondé de la stratégie, en soulignant au passage la dépendance de la filière aux exportations de broutards vers l’Italie et l’Espagne. « Lur Berri déploie une stratégie bovine pour sécuriser l’approvisionnement des abattoirs, créer de la valeur dans les exploitations, renforcer la résilience de la filière bovine régionale et répondre ainsi aux enjeux de souveraineté alimentaire, conclut la coopérative. Les actions engagées ont consolidé la valorisation de toutes les catégories de bovins via la diversification des débouchés et le développement de labels dont le Label Rouge Blonde d’Aquitaine ».